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Hal Hartley n’est pas mort. Dommage, diront certaines mauvaises langues dont je ne suis pas. Même s’il est vrai que scénaristiquement il a du plomb dans l’aile. Meanwhile commence pourtant de la plus belle des manières avec deux donzelles à couper le souffle, l’une se penchant quasiment nue sur la rampe d’un escalier, l’autre se demandant, sur le pont de Brooklyn, si elle doit sauter ou non. Des plans d’une grande propreté et d’une parfaite luminosité qui mettent de bonne humeur… on aura tout de même par la suite méchamment l’impression d’avoir déjà mangé notre pain blanc, et avouons qu’il ne s’agissait que d’une maigre bouchée. Hal nous propose donc de suivre 24 heures de la vie de DJ Mendel (bon, dirons-nous, spontané, voire pince sans rire sans atteindre au niveau de Donovan, of course…), touche à tout (plombier, batteur, écrivain, businessman…), bon à rien, tout du moins financièrement si l’on en juge par les quelques dollars qui résistent dans son porte-feuilles. Il va enquiller ce que l’on est en droit d’appeler une belle journée de merde - rien ne semble pouvoir lui réussir (carte de crédit bloquée, portable sans crédit (ah le portable ! Incontournable pour "communiquer" avec les autres, la communication "live" semblant en comparaison si "ardue"), briquet mort, jeune femme sitôt croisée sitôt suicidée (ou non), audition foirée…), mais il ne se dépare jamais, au fil de ses nombreuses rencontres (la fille sur le pont, les musicos, son brother, son ex, une femme de ménage, un écrivain…) d’un flegme à toute épreuve, ne cherchant jamais à faire l’aumône, semblant juste attendre patiemment que l’orage passe dans ce monde moderne sans guère d'âme (ah ces bonnes vieilles machines à écrire qu'on peut réparer avec un jus de citron... Réac, Hal, non tout de même, juste un peu "décalé", moui)… Il passera, l'orage, la vie se fera de nouveau douce, même s’il passera, notre héros, à deux doigts du trépas…

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Comment dire ? Jolis cadres (Ah ? déjà dit…), montage efficace, mélodies hartleyesques et valentinesques limpides, jeu des acteurs réglé comme du papier à musique mais, quoi ?... Pardon ? Un peu creux ? Pas « un peu »… ? Oui, c’est peut-être là le drame, convenons-en, en bon fan du Hal tentant de voir malgré tout (impossible ?... vous êtes dur) la vérité en face. Passer une heure avec un type qui rêve de vendre des fenêtres allemandes écologiques n’est pas une chose forcément déplaisante, on finit juste par se demander si un jour Hartley va vraiment finir de son côté par voir l’ouverture… On aime le « style » à la coule du gars, ses petites répliques qui s’enchaînent comme des téquilas paf light, ses acteurs humbles, sa fraîcheur de ton - on ne serait sinon plus là à visionner les films du gars après une bonne douzaine de déceptions -, c’est juste que ses historiettes new-yorkaises fines comme du papier à cigarette ne donnent  guère de grain à moudre comme dirait l’autre…  C’est futile, quoi, minimaliste, sûrement un peu trop d’ailleurs, ouais… Mais on sera encore au rendez-vous (fidélité quand tu nous tiens…) en 2015 s’il arrive encore à produire un film. Meanwhile, un film sorti directement en DVD… Pardon ?

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