“- You’re not a doctor, Doctor, you are a mind reader.
-You’re not a doctor, Doctor, you are a patient.”

“- Woman is man’s confusion, you should know.”

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Une petite série B de bonne tenue, ma foi, que l’on doit à l’un des inspecteurs Dupont. John Ireland campe le faux coupable type qui tente d’échapper à son destin – accusé du meurtre de sa femme, il a été condamné à mort avant d’être interné dans un asile (le type a aucune mémoire de ce dont on l’accuse… on sent bien, de notre côté, qu’il sera vaguement question d’une écharpe qui agira forcément comme une madeleine proustienne) ; on fait sa connaissance en plein milieu du désert, alors même qu’il prend la fuite sous des arbres torves à l’allure d’énormes araignées poilues. Il échoue dans une ferme envahie par les dindes et se réveille tenu en joue par un vieux briscard barbu… Notre vieil homme est-il là pour le piéger ou pour lui tendre la main ? On va po tarder à le savoir…

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On ne peut pas dire que Dupont avec un T fasse vraiment preuve d’une originalité folle au niveau du scénario.  On sent dès le début que notre homme a été piteusement manipulé et il ne faudra pas être grand clerc pour deviner par qui (un indice en bas de votre écran : « fourbe d’anglais pervers… »). Le truc tout de même un chouille sympathique dans l’histoire, c’est que la plupart des « petites gens » - notre éleveur de dindes, la dinde de service Mercedes McCambridge, les barmen pas bégueules… - vont donner le bénéfice du doute au John et, plutôt que de chercher à empocher les 5000 dollars de rançon promis pour sa capture, ne vont jamais hésiter à venir l’aider dans sa quête… Le vrai coupable sera forcément un type cravaté, on devrait savoir depuis longtemps que les vraies crapules présentent toujours bien. Sinon sur la forme ? Dupont n’est pas vraiment un adepte des grands mouvements de caméra – quand il tente de faire styyyyle, il accélère l’image ce qui est, d’ailleurs, toujours atroce au niveau du résultat –, prenant tout son temps pour poser tranquillement ses personnages et leur psychologie : on assiste notamment à deux ou trois longs plans fixes de discutaille qui donnent une certaine densité aux acteurs principaux de ce paisible film noir. Bel effort également au niveau de l’image et surtout de la musique, l’ami Herschel Burke Gilbert développant une partition aux motifs immédiatement entêtants. La gâte Mercedes – éternelle petite serveuse « à la recherche de… », capable de pousser la chansonnette quel que soit l’endroit où elle échoue – a également droit à sa petite minute de gloire avec la douce mélodie mélancolique de sa petite chanson intitulée Summer Rains.

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De l’amitié, du gentil flirt dans l’air (John and Mercedes are alone in the desert… Va-t-il l’étrangler, la violer, la scarfer… ? ou pas), de la solidarité entre gens de peu (belle petite brochette en passant de personnages secondaires : les deux barmen, les deux couillons dans le bar qui jouent les gros bras, le flic obèse futé et son long associé muet… ), c’est déjà pas si mal dans le genre même si le final est téléphoné sa mère (po difficile à coincer l’assassin, clair…). Dupond avec D aurait-il fait mieux ? C’est la question qui reste en suspens sur mes petites lèvres fragiles.

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