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lesadolescentes_ (1)Vingt-quatre heures de la vie d’une jeune fille qui devint femme, vingt-quatre-heures de la vie d’une jeune fille légère, naïve et adorable qui devint adorée et… comment dire… moins légère ou plus capricieuse… ou, oui femme c’est ça, tout simplement, ne cherchons pas plus loin… Ah ce cinéma du début des années 60, qu’il soit français, nippon ou italien, quel petit souffle de liberté quand même. Le film file comme une auto lancée à toute blinde alors même qu’on suit pas à pas cette journée d’une raggazza (Catherine Spaak,… sparkling, rayonnante…) au gré de ses rencontres, de ses états d’âme. Cela débute par un magnifique plan-séquence d’une jeune femme qui rêve qu’elle fait l’amour, s’éveille et semble découvrir son propre corps. Elle a dix-sept ans, se sent déjà toute transie d’amour pour un homme (un ami de ses parents, de vingt ans son aîné – Christian Marquand) quand bien même elle ne sait point de quoi il retourne… Qu’elle discutaille avec l’une de ses camarades du sentiment amoureux, avec la mère d’une de ses amies qui ne parle que d’amour physique ou encore avec un jeune homme un tantinet gigolo dans un palazzio en pleine après-midi de son mal-être d’être avec une « princesse » divorcée (mais qui finit dans ses bras, sous l’œil voyeur de notre Francesca-Alice qui n’a pas osé encore passer de l’autre côté du miroir), il n’est jamais question que d’amour, d’amour et d’amour… Et de jeunesse, bien sûr, de ce petit grain de folie enivrant notamment lors d’une très belle séquence avec son frère : il part tout d’abord faire le fou avec sa bande de potes en voiture (gentil Rebel without a Cause sauce rital), la Francesca à ses côtés, cheveux au vent ; puis le frère et la sœur se retrouvent au bord d’un lac pour une petite parenthèse pleine de complicité, le temps de s’avouer que chacun d’entre eux deux ne fait plus tellement attention à l’autre…

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La Francesca est tout de même maline comme tout et demande à son frère d’aller rendre visite à cet homme avec lequel elle a flirté depuis le début de la journée sans oser se livrer corps et corps (elle a déjà livré une partie de son âme avec un simple regard et un « baiser chaste »)… La nuit s’annonce chaude (va-telle se donner et se perdre en partie?... La belle petite idée du F sur sa main "copié" par son futur amant)… ou non, il n’est pas toujours facile de savoir qu’elles sont les envies d’une jeune fille surtout lorsqu’elle celle-ci vient tout juste de faire sa mue… C’est à la fois totalement virevoltant avec toujours ici ou là un petit soupçon de gravité, comme un parfum flottant de déception dans l’air (une camarade qui pleure sur ses « amours  imaginaires », une mère qui refuse de vieillir, une princesse capricieuse et un gigolo malmené, une jeune fille qui se met à grandir sans savoir où cela la mène…). Lattuada signe une œuvre délicieuse sur cette fin d’adolescence féminine et réussit un film plein de charme point exempt d’une voile de tristesse – comme le deuil d’un temps qui s’envole.

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