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Mener une vie honnête ne paie pas, c’est bien connu. C’est la douloureuse expérience que devra faire l’ami George Raft. Il sort de prison avec son buddy Bogie. Celui-ci ne pense qu’à se ranger des voitures en devenant mécano, comme son chtit frère (William Holden). Celui-là ne rêve que de blondes peroxydées et s’empresse de reprendre contact avec le milieu. Seulement le George va devoir vite déchanter ; dès lors que l’on sait qu’il sort de tôle « on parole » on le vire, ou on lui cherche des noises. Mais il résiste et finit par trouver un ptit job réservé aux ptits jeunes comme magasinier. William, fiancé depuis des lustres et gagne-petit, commence à son tour à rêver de la grande vie, notamment pour faire le fier auprès de sa douce… Mais le George trouve toujours deux secondes pour le ramener sur terre en lui collant fraternellement un pain…

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A force de récolter des emmerdes (on l’accuse d’un crime qu’il n’a po commis) et de voir son chtit frère malheureux comme une pierre (il rêve d’avoir un garage tout blanc, il est en avance d’un quart de siècle sur Jacques Demy), Raft va tout de même aller voir son pote Bogie et faire une petite virée dans les banques, histoire de pouvoir donner un coup de pouce au projet du William (mariage + garage). Tout se passe comme sur des roulettes et le George sait s’arrêter, le temps venu. Bogart, lui, vise toujours plus haut et tombe dans un sale coup : il prend la fuite avec d’autres hommes de main et, les flics à ses trousses, décide de trouver refuge dans le garage du gamin. Raft est un gars fidèle, encore ne faut-il point compromettre son protégé…

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Ça sent le labeur de l’honnête artisan (Lloyd Bacon, n’est-ce pas du tout cuit ? Allons, please…) mais avouons malgré tout que l’on ne vibre guère au cours de cette sympathique œuvrette vintage. Bacon a beau tenter de booster la dernière demi-heure – une course poursuite en bagnoles fumantes, des coups de feu qui partent dans tous les sens et transforment une dizaine d’individus en chinois (l’ustensile de cuisine, pas le coolie, on s’entend), l’ensemble ne pète pas vraiment une rotule à un âne. On comprend bien que la vie est injuste (« invisible stripes » : prisonnier une fois, prisonnier for ever, even once free) et que le gars Raft doit ramer sa race pour tenter, en vain, de retrouver sa place… Il sait que cette société ne pardonne rien (fi !) et son véritable sacrifice pour son chtit frère n’en sera que plus beau – sortez gentiment les mouchoirs... J’ose ? J’ose. Au poêle - si on ne fait point la fine bouche, certes.

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