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Que du beau monde sur le papier : Hawks derrière la caméra, Billy Wilder à l’origine du scénar, Cooper et Stanwyck en haut de l’affiche, Dana Andrew, Dan Duryea  en seconds couteaux - et même une apparition d’Elisha Cook notre chouchou - et au final… Bon allez, une bien sympathoche comédie qui manque parfois un poil de rythme mais qui a au moins le bon goût d’être bien écrite. Et pour cause : Cooper avec 7 vieux collaborateurs qui font méchamment penser aux sept nains (une allusion est d’ailleurs faite à ce sujet au cours du film) travaille depuis neuf ans sur une encyclopédie ; pas vraiment le temps de relever la tête ni d’aller voir ailleurs (sept célibataires et un veuf) et c’est justement le petit problème du bazar : alors que Cooper est en train de travailler sur l’argot (« slang »… ouais, ils sont aux « s » quand même), il se rend compte en écoutant le gars qui ramasse les poubelles qu’il a bien deux trains de retard. Il s’accorde alors une ptite virée pour rencontrer les Ricains d’en bas et va faire la connaissance en route d’une bien jolie danseuse aux jambes dévêtues, Miss Stanwyck… Il l’invite à participer à un séminaire sur l’argot in their house et cela tombe plutôt bien pour la donzelle qui doit fuir la police – son mec est impliqué dans un crime et elle est recherchée comme témoin principal. Elle va alors squatter chez notre tribu d’intellos et va forcément révolutionner leur petit train-train. Le second pan de l’histoire sera un peu plus « comico-dramatique » avec notre Barbara se retrouvant entre deux prétendants : le grand naïf Cooper tout enamouré depuis qu’elle lui a fait « yum-yum » (…) et le mafieux Andrew désirant se marier avec la belle, une épouse ne pouvant être forcée à témoigner contre son mari…

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Plaisir des belles phrases, des références et des mots d’un côté – nos bons vieux savants – versus the jouâaa de vivre et la spontanéité – la Barbara pleine bourre (la recette est connue) ; la mafia va forcément endosser le rôle de la violence couillonne même si dans l’ensemble l’esprit reste plutôt bon enfant. Cooper est un tantinet en sous régime – sa tronche après que la Barbara l’a embrassé ou « Cooper-boxeur amateur » reste tout de même des must see – tendant à jouer le gazier raisonnable auprès des sept vieux qui partent facilement en vrille à la vue de Barbara, puis jouant le joli cœur in love for ever quand il pense que la Barbara l’aime passionnément (il y aura des revirements mais je vous fais pas de dessin sur l’issue…). On voit tout de même souvent venir les gags un peu de loin et le final traîne en longueur – une corde brûlée par une loupe en temps réel, Hawks aurait, haut la main, pu gratter dix bonnes minutes…  La comédie et le burlesque rament pour tenir la longueur et l’on a presque peur un moment de tomber dans l’eau de rose (les yeux d’épagneul breton d’un Cooper tout dévoué puis tout déçu) ; quant à la partie «méchants mafieux sans cœur», on y croit en effet po une seconde… Reste, outre les acteurs, le plaisir des (bons) mots, du langage sous toutes ses formes (du ricain de la rue au ricain châtié en passant par les déclarations d’amour), ce qui n’est po rien ; on attendait juste un peu plus de peps et de rythme avec ce générique explosif. Ball of braise, oui, plutôt.

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