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Alec Guinness is running the show dans cette nouvelle adaptation reedienne de Green. Alec, our Man in Havana, est une sorte d’agent secret malgré lui, acceptant le job pour la thune (pour prendre soin de sa fillette, l’ultra fraîche et pétillante Jo Morrow) et racontant n’importe quoi (faux recrutement d’agents, élucubration sur une prétendue arme secrète développée par l’ennemi…  – il s’inspire des aspirateurs qu’il vend pour dessiner la chose) pour faire bonne mesure… Seulement voilà, plus le mensonge est gros, plus la base londonienne le croit et plus elle le soutient. L’Alec, auquel  on a fini par envoyer une bien jolie secrétaire (la sémillante Maureen O’Hara), s’amuse à faire durer le plaisir - ses pseudo agents tombent autour de lui comme des mouches dans un verre de rhum local - jusqu’à ce que la petite « plaisanterie » aille trop loin : qu’on tente par tous les moyens de l’assassiner, passe encore, mais qu’on n’aille pas jusqu’à dézinguer son vieux pote allemand pris lui-même dans la nasse…

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Very british indeed malgré l’indéniable couleur locale et cette légère petite musique qui suit presque à chaque scène les pérégrinations de notre héros : de l’humour typical – un régal ces jeux de mots sur les aspirateurs isn’t it – au flegme indéniable d’un Guinness qui se pique rapidement au jeu, on apprécie tout du long la finesse de la chose (on dit généralement tellement de mal sur les films anglais, qu’on peut bien parfois avoir une petit sweet tooth envers eux). Reed semble vouloir réaliser une version ultra light et caraïbisée de The Third Man, reprenant d’ailleurs au passage mais avec parcimonie ses légers décadrages. Si esthétiquement, on demeure un ton en dessous de ce grand classique de Reed, si l’action est également loin d’être aussi échevelée, Our Man in Havana demeure un très agréable divertissement qui passe comme un cachou. Aux côtés de Guinness aussi à l’aise qu’un papillon dans un parc floral dans cette œuvre du cinéaste anglais, notons les performances d’Ernie Kovacs dans le rôle du vautour Segura (inquiétant flic cubain qui craque pour Maureen) qui tente tout du long de faire du Dujardin soft (…) et de la barrique Burl Ives dans le rôle du teuton nostalgique totalement dépassé par les événements. Une séquence est, elle, indéniablement culte, celle où Guinness propose à Segura de jouer aux dames avec des mignonnettes de Bourbon et de Scotch : à chaque pièce prise, il faut picoler et c’est indéniablement une variation du jeu qui relance tout son intérêt… Le Guinness, malgré ses faux airs naïfs et son manque d’expérience dans le milieu de l’espionnage, est loin d’être un jambon et va tenter, tout comme un certain grand blond avec une chaussure noire d’une autre ère, de tirer son épingle du jeu – gentillet mais faut pas non plus trop le titiller… Plaisant, definitely, until the (happy) end.

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