vlcsnap-2012-07-15-15h53m39s145

Quelques semaines de break pour le gars Shang le temps de passer des pâles cieux shanghaiens aux somptueuses voutes étoilées comoriennes – mais la "quête" shangolienne continue comme dirait le grand Jacques… Rien de mieux pour se remettre sur les rails qu’un film de train signé du gars Mann – spéciale dédicace au désormais lointain, géographiquement, mais toujours proche ami Bastien : Dick Powell avec des rouflaquettes dignes d’un leader de tour de France est chargé de la protection du gazier Lincoln ; on est en 1861 et ce dernier doit prononcer un discours à Baltimore... Dick monte en gare de New York et va devoir s’employer sang et eau pour parvenir à destination et protéger notre homme du Nord. Dès le départ la tache se révèle coton pour le grand Dick : l’homme de liaison chargé de lui fournir son ticket est assassiné et un trouble usurpateur tente de prendre sa place – et nous voilà avec deux « John Kennedy » (l’ironie de l’Histoire, vi) à la poursuite de Lincoln, l’un pour jouer au garde du corps, l’autre pour lui nuire… Dick, qui parvient à sauver la face en prouvant qu’il s’appelle bien John Kennedy – on lui a dérobé ses papiers et ses affaires : joli, le coup de la montre paternelle avec la dédicace au fils ; Dick « John Kennedy » Powell comme digne héritier intemporel de cette libre nation que sont les U.S...) part  à la recherche d’un pistolet pour protéger ses arrières mais ne tarde point à en sentir un pointé dans son dos : va falloir dégrossir les wagons en jetant quelques traîtres sur les rails, s’il veut parvenir à bon port…

vlcsnap-2012-07-15-15h51m07s99

Un récit qui file à pleine vapeur sur à peine 75 minutes : personnages à double fond, troubles individus (sudistes) prêts à tout pour éliminer notre flic dévoué et fidèle et l’homme à la barbe en collier, alliés de fortune (magnifique jeune mulâtresse et gamin intrépide venant forcément prêter main forte à notre Dick, garant de la tolérance et de l’avenir de la Nation), les retournements de situation foisonnent dans les étroits wagons de cette ligne qui rallie N.Y. à Washington. Powell tient relativement bien la route dans ce « polar historique », affichant généralement un certain flegme et sachant, le cas échéant, subtilement feinter (le coup du journal, tortin) ou sauter de façon intrépide à la gorge d’un assaillant ; l’Histoire est en marche et Mann de signer une œuvre efficace qui n’a (ou n’aurait…) surement pas dû déplaire au grand Hitch (les gros plans sur les armes, la jolie petite « énigme » écrite sur la vitre du wagon,  les personnages cachant leur jeu sous leurs mines sévères ou diaboliquement joviales…)

vlcsnap-2012-07-15-15h52m20s87