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On est en terrain connu et sur du solide avec l'ami Jules Dassin à la réalisation et le franc du collier Richard Conte en tête d'affiche ; pour compléter le casting, ajoutez un Lee J. Cobb en primeur rital véreux (l'expression comporte des redondances) et une Valentina Cortese (aux faux-airs de Stanwyck) dans le rôle de la gentille prostipute au cœur d'or et voilà, c'est parti pour l'un des meilleurs films noirs sur les pommes (récompensé par un Chirac d'or). thieves_highway1Conte se rend de Fresno à Frisco avec une bien jolie cargaison de pommes : son véritable objectif n'est point tant l'idée de faire du business que de faire manger le trognon et le ver à un certain Mike Figlia (Cobb) qui a non seulement, quelques mois plus tôt, piteusement arnaqué son père mais l'a surtout rendu invalide à vie (après la vente d'une cargaison de tomates à ce Figlia (!), le pater, bourré au volant de son camion, s'est fracassé dans un accident, se souvenant même pas d'avoir été payé). La route est longue, les camions de Conte et de son partenaire de voyages sont dans un sale état et se rendre à Frisco représente moult dangers (Conte est à deux doigts de se briser l'échine en changeant un pneu, son pote Ed finira lui en Jeanne d'Arc après que ses chevaux vapeurs se sont terriblement emballés en descente...). Conte, qui n'est pas du genre à vouloir se faire rouler dans la panure, pense s'en sortir avec les honneurs en se faisant payer sa cargaison le prix fort par Figlia et en évitant de tomber de les rets de la séduisante Rica (Cortese) qui n'y va pas par quatre chemin pour inviter un homme dans sa chambre. Conte a ce petit sourire caustique qu'on lui connaît bien, genre attendez les gars, je ne suis po tombé de la dernière pluie et c'est pas marqué "papa" en gros sur ma tronche... Le gars jubile, invite sa petite amie de Fresno à le rejoindre à Frisco pour qu'ils se marient, paye un coup en attendant à sa bonne pineco Rica, mais attends, il croit quoi le gus, que les saucissons poussent dans les arbres ?...

vlcsnap-2002-05-09-20h36m57s5vlcsnap-2002-05-09-20h38m13s237

Conte va connaître se petit lot de désillusions, à lui de garder la tête froide jusqu'au bout pour ne pas tout perdre... Quelques petites scènes sur la route joliment stressantes (ces gros plans sur les pneus comme s'ils allaient exploser tous les dix mètres, le carambolage spectaculaire d'Ed avec des milliers de pommes qui se font la malle (gros budget "pommes", c'est clair)), une vraie sensualité se dégage des séquences entre Conte et Cortese (quand Conte se trouve torse nu, on pense qu'elle va littéralement le manger tout cru en commençant par lui grignoter les tétons - ouais, je m'emballe...), et quelques instants joliment explosifs entre le faux-cul Cobb et le vrai-bon Conte malheureusement un peu trop naïf... Le final s'annonce saignant, il sera plutôt étonnamment sentimental (dommage que le rôle de la blondasse (la petite amie de Conte à l'origine) soit aussi caricatural et mal écrit - la gentille fifille dévouée qui se fait soudainement vénale... Ça sent les grosses ficelles de scénariste...). Huilée comme une route nouvellement goudronnée, Dassin est une valeur sûre et livre un bon noir où rien n'est jamais acquis...

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