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Que David Lynch n'ait même pas voulu signer cette version longue de son film ne met pas en confiance. On savait depuis longtemps que Dune - l'original - n'était pas un chef d’œuvre mais restait "visible" pour un film de S.F. du début des années 80 ; là, on a quand même l'impression d'un ratage terrible tant cette version est molle, poussive, sur-explicative... On a droit dès le départ à un genre de petite B.D. pour nous expliquer le "contexte" ; le truc est longuet et absolument inutile, ce pauvre narrateur, qui va ensuite revenir toutes les dix minutes nous balancer des infos au long du film, ne faisant que répéter 25 fois les mêmes noms (des personnages ou des planètes) comme s'il s'adressait à des gamins amnésiques. Et puis qu'est ce qu'on en a vraiment à foutre de la philosophie des Bene Gesserit résumé en 2 mots, surtout que le film fait ensuite totalement l'impasse sur leur véritable influence !! Toutes les différentes familles sont ainsi évoquées pendant des plombes comme si on allait assister à une fresque de douze heures ultra-compliquées, alors que le bazar est simple comme bonjour : l'Empereur s'allie aux Harkonnen contre les Atréides. Voilà, c'est plié, balancez-nous MacLachlan avec sa coiffure piquée à Mike Brant, qu'on rigole !... Oui, c'est vrai qu'une trentaine d'années après il y a quand même des trucs qui paraissent encore plus kitschouille : la palme pour le slip de Sting - sûrement désigné par Starck -, le plus beau de toute la galaxie.

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La première heure est un enfer (des discussions en alcôve pendant lesquelles on apprend rien de nouveau, on se croirait dans le premier épisode de La Guerre des Étoiles...), la seconde sur Dune est de la poudre aux yeux (en effet, on passe un peu plus de temps avec les fameux Fremen - dans les scènes rajoutées à la version originale, ils n'ont plus les yeux bleux (on sent bien que la post-prod a été faite par dessus la jambe)), la troisième un cauchemar (les séquences où MacLachlan se retrouve tout jouasse sur les vers semblent signées Corman) : on nous donne sur la fin deux trois explosions, histoire de nous faire croire que ça pète et cela se révèle aussi efficace qu'un couteau à beurre dans un kloug - Dieu que cette nouvelle version est chiante, on en arriverait presque à penser que Lynch avait sauvé les meubles en nous faisant un ptit concentré d'un peu plus de deux heures. Seule satisfaction, tout de même, la grande musique de Toto avec ces immenses nappes musicales en boucle... Hein ? Oui, bon, ça va, on a le droit de s'auto-chambrer... A noter quand même, pour rester sur une note positive, que le film permet de donner son meilleur rôle à Jean-Marie Le Pen en baron Harkonnen - on reconnaît bien sa finesse malgré les pustules qui lui couvrent le visage - le seul personnage vraiment décadent et trash du truc... Au delà de ça... aïe, aïe, aïe (mouais, quelques jolis décors, des monstres freudiens - les vers phalliques et la bouche vaginique des boss de la Guilde...). J'en viendrais presque à penser que la version téléfilmique du bazar - assez fidèle à Herbert - mérite plus le détour. Sacré Alan.    

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