vlcsnap-2012-04-21-18h53m32s42vlcsnap-2012-04-21-18h54m20s20

Un film qui repose en grande partie sur Barbara Stanwyck - et "évidemment" vous allez me dire - sur son personnage mais le choix de l'une comme l'évolution de l'autre ne sont pas à mes yeux totalement concluants (je m'explique, deux minutes) : tout d'abord la classieuse Barbara, toute pimpante et épanouie dans sa trentaine, ne correspond pas vraiment à l'image qu'on peut se faire d'une chtite fille d'ouvriers sans guère d'éducation - mais passons, pourquoi pas, à la limite, même si son langage et son (absence de tout) accent sont relativement peu crédibles ; le plus gros problème est, à mes yeux, la façon dont est construit son personnage : ok, elle est po ultra-cultivée, rêve du prince charmant et le rencontre en la personne de John Boles (qui ressemble et joue comme un poisson chat, se déridant que 3 secondes maximum dans le film) ; elle le charme par sa beauté et sa candeur, attachant un soin extrême à sa tenue et à ses bonnes manières ; en deux soirées, elle plie le gars et se retrouve mariée. Bien, jusque là ; ce qu'on a du mal par la suite à comprendre, c'est pourquoi d'une part elle ne fait plus aucun effort pour tenter de "d'évoluer", mais surtout pour quelle raison plus les années avancent plus elle semble se complaire dans une beauf attitude clinquante, semblant totalement incapable de contrôler son image (elle s'habille de plus en plus comme une poule vulgos). Elle va ainsi non seulement perdre peu à peu son mari (attiré par un amour de jeunesse qui vient de la haute (Barbara O'Neil)) mais surtout sa fille qui tend à fricoter avec ce monde BCBG : on comprend pas vraiment pourquoi la chtite Barbara relativement clairvoyante dans sa jeunesse se montre inapte à changer finissant, qui plus est, par être de plus en plus bling-bling : un personnage bizarrement défini psychologiquement (qui semble uniquement "servir le scénario", j'y reviens) que Stanwyck semble d'ailleurs de moins en moins à l'aise "à défendre".

vlcsnap-2012-04-21-18h56m04s30vlcsnap-2012-04-21-18h55m52s177

Plus réussies, sans doute, sont les relations entre cette mère et sa fille Laurel : malgré leur différence de "classe" (la fille se montrant comme un poisson dans l'eau avec les bourges et le milieu de son pater), un véritable amour les unit ; seulement voilà Stanwyck réalise progressivement qu'elle est un "plot" dans la vie de sa fille (tous les invités qui décommandent leur participation à l'anniversaire de la fille à cause de la mauvaise "image" de la mère ; séquence terriblement pathétique tout comme celle durant laquelle Barbara surprend dans le train une conversation entre deux jeunes filles, des relations de Laurel, se moquant complaisamment de cette mère vraiment space) et va se sacrifier pour l'avenir de Laurel : elle préférera lui faire croire qu'elle est irrécupérable et égoïste pour que Laurel vive avec son père et évolue dans cette "classe supérieure" ; le film vire peu à peu au pathos (on se sent toute tristoune pour cette pauvre Barbara) lorsqu'elle décide de s'effacer complètement pour le bonheur de sa fille... Le film fonctionne définitivement mieux à ce niveau-là que dans l'approche de la personnalité cette Stella Dallas. Impression d'ensemble relativement mitigée, donc.

vlcsnap-2012-04-21-18h54m50s50