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Kore-eda is back avec ses petites tranches de vie tri-générationnelles ; il se focalise cette fois-ci sur deux gamins qui vivent dans différentes villes depuis la séparation de leur parent : Koishi, l'aîné, vit à Kagoshima avec 20024489sa mère et ses grands-parents et Ryu vit à Fukuoka [eh ouais, tout pile là où je suis allé l'an dernier... C'est peut-être un détail pour vous mais pour moi, voir l'un des gamins courir autour du lac où j'allais marathonement m'entraîner, ça veut dire beaucoup - spéciale dédicace à l'ami Jean-Charles... Quoi, j'ai le droit de raconter ma vie aussi...] avec son pater guitariste un peu à la ramasse. Chacun s'est donné pour mission de jeter un œil sur son pater et sa mater pour éviter d'éventuelles liaisons (c'est beau les rêves des gamins... c'est justement l'idée du film, j'y arrive) ; si Ryu semble assez épanoui auprès de ses trois chtites camarades de classe, prenant plaisir à observer au fil des saisons son mini-jardin, Koishi n'a qu'une idée en tête, celle de vouloir ressouder la famille. Koishi a eu justement vent d'une drôle de croyance : toute personne présente au moment où les deux trains d'une toute nouvelle ligne se croiseront verra son vœu s'exaucer (une mystérieuse question d'énergie dégagée... Quand on voit ceci dit ce qui arrive à une grand-mère dans le film, on est prêt, comme les gamins, à y croire...). Après avoir quelque peu tergiversé, il va embarquer deux de ses camarades dans l'aventure et donner rendez-vous à son frère (qui va lui-même venir avec ses pineco) sur le lieu du croisement. Chaque gamin de la bande a son vœu : courir plus vite, dessiner plus facilement, devenir une actrice, ressusciter son chien (...)...

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Si l'histoire des gamins sert de fil rouge, Kore-eda prend également tout son temps pour nous présenter les différents membres de la famille et leurs petites passions / occupations : une grand-mère qui s'adonne à la danse tahitienne, un grand-père versé dans la fabrication d'un gâteau local, une mère un peu tristounette qui se change les idées au karaoke, un pater qui gratouille avec ses potes... A chaque adulte ses petits plaisirs et à chaque gamin ses désirs. A force de papillonner d'une personne à l'autre (et ce même si cela contribue à donner une vue d'ensemble sur la vie nipponne), le film perd parfois en intensité, d'autant que certaines histoires sont à peine survolées (Qui trop embrasse...). De plus, l'escapade des gamins paraît tellement peu crédible en soi qu'on regarde l'ensemble d'un œil, certes, souvent amusé mais sans trop y croire... Enfin bon, me direz-vous, l'essentiel c'est que les gamins, eux, y croient et s'accrochent chacun à ses illusions... Bref. Il est marrant de constater, juste après avoir maté le Guédiguian, que la complicité entre les gamins et leur grands-parents est souvent évidente alors que les parents (sur lesquels Kore-eda ne prend guère la peine de s'étendre) semblent, en général, un peu "dépassés"...

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Des voeux qui se réaliseront ou non, demanderont les plus curieux ? Allons, vous savez bien que l'essentiel est de s'accrocher à des rêves, surtout à une époque aussi incertaine... (le gros nuage noir de cendres volcaniques qui plane sur la ville de Kagoshima, pas besoin de vous faire un dessin pour faire des rapprochements avec les tourments récents nippons - Koishi, nouveau dans cette ville, semble d'ailleurs bien le seul à vraiment le remarquer... Life goes on...). C'est relativement trognon et charmant (les gamins sont une fois de plus chez Kore-eda parfaitement dirigés) même si, perso, je continuerai d'avoir une nette préférence pour Nobody knows et Still Walking.  

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