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On avait plus de nouvelles de Guerin depuis le magnifique Dans la Ville de Sylvia et le voilà donc de retour avec ce véritable carnet de voyage tourné entre septembre 2007 et 2008 ; il profite d'invitations reçues pour assister à différents festivals à travers le monde (en particulier en Amérique du Sud (Colombie, Pérou, Cuba...) mais également en Italie, à Jérusalem ou à Macao...) pour filmer les gens qu'il rencontre ici ou là : pochtrons, prédicateurs, poètes, érudits errants, photographes, badauds ... on sent  sa volonté de filmer avant tout "de petites gens du peuple" qu'il suit dans leur vie quotidienne - lors de la préparation du repas, d'une grande lessive ou d'un apéro poussé. Il capte à la volée ces petits instants où les gens se confient sur leur passion, leur pays, leur état d'âme. Cela peut paraître parfois un peu décousu mais on retrouve certains fils rouges comme ces divers propos sur la Bible, l'Histoire du pays, les difficultés à survivre au quotidien... Il y aurait presque un petit côté Antoine de Maximy dans cette façon improvisée de se laisser aller au gré des rencontre sauf que le gars Guerin ne cherche jamais à se mettre en scène, s'effaçant derrière sa caméra pour laisser parler ses interlocuteurs. Chaque personnes semblent posséder ses petites histoires - anecdotiques -, son histoire - personnelle -, sa vision de l'Histoire que Guerin enregistre comme pour capter un certain "état du monde".

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Des places principales en centre ville aux baraques branlantes loin des sentiers battus, on sent que notre gars n'a rien du touristes de base qui s'amuserait à collectionner les "clichés" ; ce qui l'intéresse c'est bien entendu les gens, ces "gens d'en bas" dont il se fait en quelque sorte le "porte-voix cinématographique" : invité pour présenter ou parler de ses films, Guerin semble finalement rendre la pareille en invitant les gens "dans son univers" cinématographique pour les laisser à son tour s'exprimer... Si les gens ne peuvent s'empêcher de lancer un premier regard intrigué à ce visiteur inattendu, le reporter-cinéaste semble avoir un don pour rapidement briser la glace et laisser ces autochtones parler de leur passion, s'épancher sur leur petite misère journalière ; une rencontre en amène parfois une autre puis une autre et certaines gens, sans vraiment d'a priori, de laisser ce témoin vaquer dans leur "intérieur" (jeu de mot, vi). Loin de l'impression laissée par des "cartes postales figées", Guest demeure un documentaire constamment en mouvement où la parole des "sans papiers aux sans voix" circule avec une évidente liberté... Beau travail de ce voyageur constamment aux aguets. Be my guest, hombre.

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