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L'ami Gols ayant été emballé par les westerns du gars Boetticher, c'est en toute confiance que j'abordai cet Horizons West qui bénéficie de la présence de Robert Ryan et de Rock Hudson. Bien m'en a pris puisque l'on a, sous les atours d'un western, une trame qui n'a rien à envier à celle d'un film noir : le retour de la guerre (celle de Sécession, of course) de deux frères : l'un (Hudson) qui n'aspire qu'au calme du ranch familial avec pôpa et môman, l'autre qui a les dents tellement longues qu'il en rayerait la selle de son cheval (Ryan) ; il y a bien sûr une incontournable femme fatale (Julie Adams, sensuelle jusqu'au bout de ses lèvres rouge-sang) qui va rendre encore plus berzingue le Ryan, si besoin il en était. Des décors texans technicolorisés qui fournissent un bel écrin aux séquences de vols de troupeau (le moyen dont va user le Ryan, avec une poignée de desperados, pour s'enrichir) et aux diverses bastons, une histoire classique d'ascension sociale pour un gars estimant qu'il n'a rien à perdre (il veut la thune, il l'aura en usant de procédés po très glorieux ; il veut le pouvoir, il l'aura en tentant de corrompre à tour de bras les responsables locaux ; il veut la femme, il l'aura après avoir tué son mari) et des antagonismes au sein de la famille qui finissent par éclater : Boetticher nous fournit tout cela en à peine quatre-vingt minutes et difficile de ne pas y trouver son dû.

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Dès que Ryan aperçoit la belle Julie Adams, coquette madame, dans sa carriole, on sent qu'il n'a plus qu'une idée en tête : moi vouloir être son homme. Seulement voilà, la chafouine est déjà prise et pas par le dernier des rigolos : elle est mariée au richissime Raymond Burr qui n'est pas vraiment du genre à plaisanter. Ryan parvient à être invité à l'une de ses petites parties de poker, et après avoir voulu flamber (la partie de trop), se retrouve éjecté comme un malpropre par cet homme d'affaires nordiste. La vengeance s'annonce terrible... Le Ryan, sans scrupules - mais en faut-il pour réussir ? Ça, ma bonne dame... - parviendra à amasser un petit magot ; il va tout faire alors pour aider les siens : financièrement - il rembourse les dettes du pôpa - et "physiquement" (quand le frérot est pris à parti et proprement torturé par Burr, il vient avec ses hommes de main le secourir... Pas de bol, Burr est tué dans la bagarre mais le Ryan (légitime défense, ok) se sort de l'histoire blanc comme neige). Il a le pouvoir, la force, la femme... le problème c'est que le Robert en veut toujours plus... Il fait pression sur les petits fermiers locaux pour obtenir de plus en plus de terres et, quand ceux-ci résistent, il sait comment s'y prendre pour les faire plier (violence + justice corrompue, no problem). Rien ne pourra l'arrêter ? C'est sans compter sur son pater et son brother qui, droits dans leurs bottes, voient bien que le Robert déconne. Parviendront-ils à lui faire entendre raison et à le ramener dans le giron familial ? Plutôt mort que vif...

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Bien aimé ce combat entre pourris (Ryan contre Burr) qui montre qu'il est bien difficile d'accéder à la richesse sans user de la violence ou sans faire quelques écarts à la morale... La chtite Julie Adams s'en sort, elle, comme une belle anguille - "Je pensais que la thune faisait le bonheur mais nan... Mon mari est un gros con, viens me sauver Robert... surtout quand tu seras riche" - et livre un portrait de femme vénale opportuniste finalement assez finaud (elle fait dès le départ des œillades de la mort au Robert pour qu'il vienne la "délivrer", refusant presque toute responsabilité dans son mariage avec le gars Burr). Rooh, perfide. Le final est également captivant dans ce conflit entre hommes (les puissants vs les fermiers pauvres) qui tourne au règlement de compte familial - Bob, il est temps de revenir dans le droit chemin... Bon petit film du gars Budd qui donne en effet envie de découvrir le reste de la filmo.

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