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♫ De bon matin, j'ai pris mon pistolet, et j'ai assassiné mon boss, un employé ♫ Fallait po pousser le bouchon trop loin avec Jean-Pierre Darroussin. Le type est patient - jusqu'à une certaine limite donc... -, travailleur, consciencieux mais quand la pression hiérarchique (autant dire tous les ptits coups en douce, pour ne pas dire vicieux, qui tentent de lui faire comprendre qu'il a fait son temps) devient trop forte, le gars craque... Petite chronique d'un type qui touche le fond, véritable descente aux enfers d'un employé modèle qu'on cherche chaque jour à humilier un peu plus. La solution est radicale - et forcément condamnable - mais la processus pour montrer la déprime progressive d'un type auquel tout échappe (sur le plan professionnel mais également personnel - en particulier dans les relations avec son fils) part d'un bon sentiment. Darroussin porte le film sur ses épaules et avouons que pour tout fan du bonhomme c'est un régal. Le problème de Moutout vient plus de la construction du film (une suite de saynètes en vrac, genre de flash-back bordéliques, qu'on a parfois bien du mal à suivre) et du traitement des autres personnages. On comprend rapidement, dès les premières images, à quel point l'ami Darroussin évolue dans un monde d'une froideur terrible : le décor de ses bureaux de banques gris bleu métallisés avec ses grandes baies vitrées respire autant l'humanité qu'une autoroute... On ressent également à quel point notre petit employé de banque a perdu le sens des relations humaines avec son boss (Xavier Beauvois, patron merdeux par excellence), le jeune aux dents longues parachuté par le siège (plus hautain tu votes Sarko), ses collègues aquoibonistes ("Tu as raison J.P., mais qu'est-ce qu'on peut y faire !?"), son propre fils ("mêle-toi de tes affaires mais euh !") : le problème c'est qu'ils sont tellement d'un bloc et caricaturaux que la démonstration tourne rapidement à vide. Le monde moderne est dur, putain, et franchement, on aurait parfois envie de faire tomber parfois deux trois têtes. Ouais !!!!!!!!!! Même si la mise en scène - notamment dans les séquences au taff - est d'une belle sobriété, on se lasse très rapidement de cette œuvrette sans aucune altérité. Un constat amer sur notre société qui sonne un peu creux. 

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