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Voilà une excellente petite surprise signée Robert Parrish avec mon vieux Broderick Crawford (po vraiment un physique de jeune premier mais plutôt de déménageur) en infiltré. Il foire l'arrestation d'un tueur (superbe scène d'ouverture (une pluie torrentielle nocturne qui donne du cachet dès le départ à ce film noir) : un homme vient d'en abattre un autre, notre Crawford survient et se fait rouler dans la farine quand le tueur lui tend un badge de policier avant de s’éclipser) et comme il est le seul homme à avoir entre-aperçu l'assassin, il se voit confier une dangereuse mission ; Crawford change de look et cherche à se faire employer comme docker ; il ne va pas tarder à se faire remarquer par la pègre locale et va se retrouver embringué dans plusieurs coups fourrés - qui vont forcément lui permettre de remonter jusqu'au sommet de la pyramide mafieuse. Son dernier contrat sera plutôt bonnard, vu qu'on lui demandera d'assassiner... lui-même (lors du premier incident dont il a été témoin, le journal avait fait paraître la photo du "flic suspendu" incapable de procéder à l'arrestation... S'il s'agissait bien de son nom, ce n'était forcément point son visage).

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Crawford est couillu et va devoir tracer son petit bonhomme de chemin en solo. Comme on soupçonne certains policiers d'être mouillés avec la mafia, il devra même se taper plusieurs interrogatoires serrées sans pouvoir dévoiler son identité. Mais l'ironie de la chose, c'est qu'il y a également, dans son entourage, un autre flic infiltré qu'il ne connaît point... Cela permet automatiquement divers rebondissements sans que l'on soit pour autant jamais perdu dans l'histoire. Parmi les seconds couteaux, il y a de bonnes vieilles gueules de l'emploi (Ernest Borgnine dans l'un de ses premiers rôles et Neville Brand dans sa toute première interprétation) mais l'autre bonne surprise de l'intrigue, c'est le rôle - difficile - joué par les femmes des flics : Jean Alexander et Betty Buehler se retrouvent toutes les deux, dans des circonstances différentes, obligées de "mouiller la chemise" pour leur mari et cela renforce parfaitement la porosité entre vie privée et vie professionnelle - jusqu'à la toute dernière image relativement cocasse. The Mob n'est donc en rien l'histoire d'un engin pétaradant chourré (désolé... - à la tienne Renaud) mais un très bon polar qui repose sur les solides épaules (et la solide épouse (ou petite amie...)) de Broderick Crawford : de l'enquête à l'ancienne réalisée avec les moyens du bord (comment se casser le cul pour réaliser une filature en voiture : le procédé est bougrement compliqué et en plus... il foire - excellent ; signalons aussi un petit jeu de comptoir tortin pour tout barman gagne-petit : on peut aussi remplacer "penny" et "glass" par "euro" et "book" et se remplir les fouilles quand on est libraire - je prends 50 %, fils) et un film noir, au final, de très bonne facture.

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Noir c'est noir, c'est