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Bien, j'ai vu le dernier Fincher. L'histoire d'un gars journaliste (Daniel Craig, très bien en "anti-James Bond" : le type est plutôt du genre à cogiter et quand il y a de l'action, il est plus du genre à morfler sa mère qu'à donner les coups) qui perd un procès contre un type à la tête d'une grande entreprise (défaite morale et financière) et qui va être engagé par un vieux monsieur pour tenter de résoudre d'anciennes histoires de famille (une jeune fille du clan a étrangement disparu, il y a une quarantaine d'années). Bon, le générique, comme me l'avait promis l'ami B*****n, est toujours aussi léché, mais une fois cette petite gâterie passée, il faut bien reconnaître que pendant la bonne première moitié du film, on ne voit absolument point où Fincher veut en venir... Craig enquête, super, rencontre les membres de la famille, et ? Je me suis levé, j'ai pris une tablette de chocolat pour m'attaquer à la seconde partie. Cela s'éclaircit un tantinet puisqu'il est question d'un tueur en série qui semble passablement influencé par la Bible : on est bien en territoire fincherien avec cette mystérieuse énigme à résoudre, hum, hum (cela n'est pas forcément plus passionnant en soi, mais on sait au moins ce qu'on cherche) ; mais la chose, sûrement, qui donne un peu plus d'intérêt à la chose, c'est l'alliance entre Craig et cette bizarroïde investigatrice (Rooney Mara, plus piercée qu'un type en pleine séance d'acupuncture) : deux générations, deux styles, deux façons de travailler (tu prêtes ton ordi à Rooney, elle peut te dire la première fois que tu t'es rongé les ongles : une bête de l'informatique, je te dis po) mais, attention, ils vont quand même baiser ensemble - ce qui n'était pas gagné d'avance, reconnaissons-le. Parce qu'un truc de vachement fort se passe entre eux, l'art du boulot bien fait ou quelque chose comme ça. On se réjouit franchement de cette union un peu contre-nature et on se dit que ce curieux attelage va bien finir par résoudre l'énigme - on sait qu'on est chez Fincher et qu'il faudra peut-être se taper en route deux trois scènes de torture pour la bonne bouche (il donne en tout cas envie de s'initier au golf) mais on tient le bon bout. Comme il reste encore une bonne vingtaine de minutes de film et qu'on a plus de chocolat, on se demande ce qu'il va nous servir une fois que tout est plié : ah, va pour le ptit twist final dont on aurait très bien pu se passer. Chacun reprend sa route et sa guitare mais l'union entre Dany et Rony pouvait-elle survivre à l'enquête ? (ce n'est pas non plus une question cruciale). Du Fincher quoi, avec du sexe, des tatouages, de la violence trash et une atmosphère planante où le doute règne... (Attention super méga spoiler : "je sentais bien que les types nazi, dans l'histoire, étaient du côté des méchants - aaaah shut up ! - sorry"). Bon, je vais pas non plus me forcer à être fan, nan, hein, voilà...   (Shang - 11/02/12)

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Alors là, complètement d'accord avec mon camarade. On se demande pourquoi Fincher a accepté de s'impliquer dans ce projet : il n'y a aucune place pour faire du cinéma. Le scénario bouffe littéralement toute tentative de style, tout est dirigé vers l'histoire, et comme celle-ci est quand même relativement complexe (12000 personnages, tous suspects), le seul travail de Fincher est de la rendre aussi lisible et claire que possible. Je n'étais pas du tout fan du livre, mais tout de même, on sent bien que la narration est forte, et qu'il se suffit à lui-même. Pourquoi avoir voulu filmer ça ? Bon, il est vrai que les acteurs sont pas mal, que les ambiances suédoises sont assez réussies (Fincher n'a quand même pas eu le courage de prendre des acteurs du cru, ça parle anglais) et qu'on suit ça sans déplaisir, chocolat ou pas en main. Mais voilà vraiment l'archétype du film inutile et redondant, qui ne trouve rien à raconter d'autre que sa trame policière. Il le fait avec un certain savoir-faire, oui, bon. Je vais pas non plus me forcer à être fan.   (Gols - 30/01/16)