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Lorsque le générique défile, on se dit nom de Dieu qu'il y a quand même du beau monde : Robert Taylor (et son jeu de sourcils dujardinesque, en flic enamouré), John Hodiak (le beau gosse, en mari alcoolo et malade), Vincent Price (et sa petite moustache d'enculé dans un de ses fameux rôles de méchant qu'il affectionne), Charles Laughton (ventripotent, boitant, mal rasé, genre gros dégueulasse opportuniste, absolument inoubliable) et pour couronner l'affaire la somptueuse Ava Gardner (sa première apparition dans ce club ultra moite ferait tombée à n'importe qui sa cigarette des mains, même aux non-fumeurs). Pour un film dont on avait jamais entendu parlé auparavant, c'est tout de même la classe. Et puis tiens, arrive le nom du réalisateur : Robert Z. Leonard ? Ah, le papa d'Herbert, lâche-t-on sceptique...

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Alors c'est vrai que l'histoire n'est pas d'une originalité folle : un type (Robert) vient enquêter sur une petite île de la côte sud-américaine pour retrouver des trafiquants de... moteurs d'avion ricains (qu'est-ce qu'on ne va pas finir par poster3_the_bribeinventer...) L'ambiance est forcément moite et Robert ne va pas tarder de croiser son lot d'individus louches - le casting masculins pré-cités - et puis... forcément une femme à mourir - Ava, pour toi je me ferais nécrophile (ah oui, ce matin, je craque). Une question finira par tarauder le Robert après la première heure racontée en flash-back : ok, il a de quoi accuser tout ce petit monde, maintenant faut-il mettre l'Ava dans le même panier (de crabes) ? Parce que non seulement, il n'est pas sûr qu'elle soit directement liée au trafic (ok, le bateau utilisé pour tester les moteurs en mer est à son nom, mais rahhh, est-ce vraiment suffisant pour l'accuser de complicité... maybe) mais surtout il est fou amoureux d'elle (l'envoyer en prison serait bêta). Après cette première heure de jeu, on revient "au temps présent" avec un Robert face à une situation cornélienne (privilégier l'enquête ou son amour, gasp...) et c'est le moment choisi par notre ami Charles Laughton pour faire son petit numéro. Obéissant à son chef Price, il va tenter de mettre la méga bisbille entre Ava et Rob ; Charles est dégoulinant comme du fromage à raclette en pleine canicule et il va essayer de persuader l'Ava de mettre hors d'état de nuire Robert Taylor pour qu'elle puisse sauver son mari (malade et impliqué jusqu'au cou dans le trafic)... Mais le Rob est un guerrier.

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Si on se régale tout du long du jeu des acteurs, on reste un peu en dedans face à la mise en scène du bazar. Le film s'ouvre avec une tempête tropicale et on se dit que ça va swinguer dans tous les sens. Pas vraiment. Chaque personne est prise dans une sorte de torpeur tropi-locale et le rythme se fait plutôt plan-plan. Même si chaque apparition d'Ava Gardner est un vrai bonheur, cela ne suffit pas complètement pour nous réveiller. Léonard tente bien the scène d'action au milieu du film avec une pêche sportive au marlin et une attaque de requin mais comme on voit qu'il s'agit d'un montage avec de vieux films du commandant Cousteau, on reste sur notre faim. Le final, par exemple, est lui une vraie réussite : l'heure du règlement de compte a sonné entre Vincent Price et Robert Taylor et Leonard va se mettre à enquiller les séquences d'anthologie (je m'emballe un peu) : fusillade dans le noir (les yeux globuleux et les woah woah woah de Laughton, excellents), chasse à l'homme en plein carnaval et bouquet final (c'est le cas de le dire) en plein milieu des feux d'artifice - Leonard fait enfin péter le budget. Du coup, on demeure un peu mitigé : il y avait un gros potentiel (les acteurs tiennent leur rang, tout de même) mais l'ensemble demeure un peu tiède - il manque un Huston ou un Hawks à la baguette ?... Pas faux.

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