"Propaganda. Not for me. For "marriage" I read "life sentence", for "home life" I read "TV nights, beer in the fridge, second mortgage". Not for me. For me life has to be something more than that."

Barbara Stanwyck

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La Stanwyck (cinquante balais au compteur, quelques rides certes mais toujours une évidente prestance) est une femme de caractère qui bosse dans un journal. Elle ose tendre la main à une femme - qui vient de tuer son mari - pour mettre fin à sa cavale... et fait du même coup la nique à un couple de policiers en charge de l'enquête : l'un d'eux (le Captain Charlie Alidos) avait fait preuve d'un évident machisme à son encontre alors qu'elle demandait de simples renseignements sur l'affaire ; quant à l'autre détective, il s'agit du bon gars Sterling Hayden (plus hiératique que jamais dans ce rôle de garçon gentillet) pour lequel la Barbara, guère inspirée sur l'action, va avoir le coup de foudre. Celle-ci a tout fait jusque-là pour être indépendante, elle conchie explicitement la vie maritale, et la voilà maintenant prête à repriser les chaussettes de son gros loulou... Big mistake.

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Barbara ne tarde point à avoir une véritable vie de desperate housewives incapable de taper la discute avec les femmes des collègues de son mari dont les propos semblent sortis tout droit de Fahrenheit 451 - plus plats et vides de sens, tu meurs - et tout autant à côté de la plaque quand il s'agit de s'insérer dans la conversation avec les mâles : ils ne font de toute façon que parler taff, retraite et jouer aux cartes, méprisant grave leur femme lorsqu'ils se retrouvent entre couilles. Barbara ne tarde point à péter un plomb reprochant à son mari son manque d'ambition et sa capacité à mener une vie aussi pépère. Il s'en branle vegra... Elle décide donc d'intriguer dans son dos pour que son homme ait mine de rien de l'avancement... La Barbara est chafouine pour arriver à ses fins : elle ne tarde à flirter méchamment, pour "la bonne cause" of course, avec l'un des boss de son mari, le bon vieux Raymond Burr. Celui-ci n'est, dès le départ, guère dupe du petit jeu de la donzelle mais ce flirt n'a après tout à ses yeux rien de bien désagréable... La Barbara arrive ainsi peu à peu à ses fins - l'avancement de son mari - jusqu'à un certain point... Le problème c'est que lorsqu'on lui résiste, elle devient un peu colère...

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Film noir ? Mouais si on veut, même si l'essentiel du récit se concentre sur les prétentions et le machiavélisme de la Stanwyck, un poil défraîchie (c'est salaud, j'avoue) mais toujours aussi séductrice au besoin (c'est juste qu'elle doit taper dans des hommes plus mûrs, c'est ça). Ses "tête-à-tête" avec Burr mettent un peu de piment et de trouble dans ce récit qui n'en a guère. Sterling Hayden fait penser à un tronc d'arbre à roulettes qui n'a véritablement qu'une fois l'occasion de sortir de ses gonds (ce qui reste original pour un arbre) : quand il s'échauffe, son poing s'écrase sur la face de son adversaire comme une massue, mais au delà de ça, le film n'est po vraiment trépidant. Stanwick tente, derrière ses bonnes manières et son petit sourire, de cacher son petit jeu diabolique, elle n'est malheureusement pas tomber sur l'homme le plus manipulable qu'il soit (Raymond Burr est lourd, eh oui). Toute petite œuvre du genre signé Oswald à laquelle on préférera aisément son précédent film, Kiss for Dying.

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