"O'Clock, O'Clock, O'Clock, all the time it kept ticking in my head"

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Un meurtre, un suicide louche, le toujours solide inspecteur Lee J. Cobb enquête et croise la route de de deux vieux partenaires de casino qui semblent avoir trempé dans l'affaire : l'adipeux Thomas Gomez et le pince sans rire Dick Powell ; ce dernier regarde les flics de haut, ses amis de haut, les femmes de haut - bref, il prend tout le monde un peu de haut. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il a les pieds qui baignent dans le sang ni parfois les mains qui traînent sur une cambrure de blonde.

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Lee J. Cobb colle comme une sangsue au dos de Powell qui mène lui-même sa propre petite enquête sur la mort de l'une de ses anciennes amies (la jolie blonde Nina Foch), qui se trouve être au passage la sœur de sa nouvelle conquête (la très jolie blonde Evelyn Keyes)... On sent bien que les deux hommes sont sur la même piste. Pour corser l'affaire, la brune et envoûtante Ellen Drew, mariée au partenaire de Powell, ne cesse de faire les yeux doux à son ancien amant : Dick of course... Dick l'évite comme la peste pour ne pas avoir d'embrouilles mais celle-ci a eu la bonne idée de lui offrir une montre (normal quand on s’appelle O'Clock) qui se trouve être la même (avec un petit message amoureux en plus) que celle qu'elle a offerte à son propre mari (c'est délicat, vi)... Dick perd la trace de cette fameuse montre et on devine que celle-ci risque de sonner, à l'occasion, l'heure de sa perte.

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Dick Powell est comme un poisson dans l'eau dans ce rôle où il se régale de petites réparties caustiques et peut jouer les hommes à poigne avec les femmes. Le casting féminin vaut le détour avec cette blonde innocente et offerte à notre héros et cette brune venimeuse et offerte à notre héros : les deux donzelles se croisent sur la fin dans les escaliers - vlcsnap-2011-12-24-14h48m20s247l'une qui a causé sa propre chute, l'autre qui tente de rappliquer en "salvatrice" auprès du Dick - lors d'un plan aux petits oignons mitonnés par le gars Rossen. Il faut d'ailleurs reconnaître à ce dernier quelques petites tentatives originales du meilleur effet comme ces soudains changements d'angle de prise de vue au sein d'une même séquence ou ces cadres sur plusieurs personnages joliment composés qui s'amusent de la profondeur de champ. Certes l'enquête traîne peut-être un peu les pieds - alors qu'on a finalement tôt fait, dans notre petit coin, de se faire une idée sur le coupable de ses meurtres... Mais les petites altercations entre Dick et Cobb et les multiples relations du Dick avec les femmes (amicales, ambiguës, amoureuses) - autant de scènes qui bénéficient de dialogues savamment écrits - demeurent les points forts de ce polar loin d'être déplaisant. Voilà tout.   

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