"It's the privilege of the women not to make sense"

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Ouh là là, terrrrrrible déception que ce Lubitsch qui malgré quelques jolies idées de mise en scène (de l'art du hors champ, un domaine généralement réservé à mon ami Gols) manque terriblement de punch. On a l'impression du début à la fin que les acteurs sont au ralenti comme s'ils avaient tous été victimes pendant le tournage d'une gastro : ils semblent attendre patiemment dix secondes avant de lâcher chaque réplique et comme ils ne sont pas, qui plus est, particulièrement charismatiques (Herbert Marshall et Melvyn Douglas, désolé les gars mais vous m'avez littéralement assommé), on finit par se demander si on va en voir le bout... Même les blagues sont affreusement molles du genou et ce ne sont point les petites apartés souvent pathétiques des domestiques qui relèvent vraiment le niveau...

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Alors oui, il y a Marlene Dietrich et ses cils toujours plus longs mais cela ne suffit point pour nous tirer de notre léthargie. La donzelle a le coeur qui balance entre son mari, un grand ponte qui passe sa vie à la S.D.N. et la néglige un poil, et un type rencontré par hasard avec lequel, une nuit, à Paris, elle a terriblement flirté... On prend son mal en patience - grosso modo une heure - pour que les trois se retrouvent enfin ensemble : oh oh ça va chauffer !!! Ah ben nan, l'ambiance est encore plus plombée : la Marlene est froide comme un glaçon, l'amant d'un soir est tout gêné et le mari de sourire bêtement sans rien piper à l'affaire. Je vous raconte po comme on a hâte d'arriver au dénouement... La passion vs la raison ? Je ne vous dis rien mais cela a fini par m'achever. Bref, même si le gars Lubitsch distille ça et là quelques fines ellipses pour titiller notre attention, l'absence de rythme dans le jeu des acteurs est telle que cet Angel m'ait vraiment passé au-dessus. Vous m'en voyez sur le coup fort marri.

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