Planète interdite (Forbidden Planet) (1956) de Fred M. Wilcox
Forbidden Planet ferait aisément passer, intellectuellement et visuellement parlant, 2001 : a Space Odyssey pour de la cancoillote, toute œuvre de Kierkegaard, au niveau du vocabulaire, pour un livre d'enfant ("I borrowed some solenoids from your gyrostabilizers", c'est par rien quand même...), ou, encore au niveau des toiles peintes, toute pochette d'album du groupe Boston ou Yes pour une peinture de Klein. Je gardais un lointain souvenir de cette oeuvre de S.F. (vu sûrement à La Dernière Séance du Sieur Eddy - thanks man) et le film n'a franchement po pris une ride (vous m'arrêtez quand j'en fais un peu trop). Certes, à l'époque je devais être plus impressionné par Robby le robot (LA finesse des répartis tout de même : lorsque celui-ci se pointe, la première fois, devant l'équipe du vaisseau qui vient d’atterrir sur Altair-4 , le capitaine (Leslie Nielsen himself !), de poser la question qui fait mouche : "You are a robot, aren't you ?" Mais non connard, tu vois bien que je suis une pizza aux anchois...) que par les robes ultra-courtes d'Anne Francis (c'est un véritable défilé de mode qu'elle nous propose, un défilé durant lequel on ne cesse de se demander - la seule question cruciale du film - porte-t-elle oui ou non une culotte ?). Bon cela dit, un robot capable, après s'être tapé une lampée de whisky, de produire vingt-huit caisses du bazar, gros respect.
On se marre donc tout du long que ce soit grâce aux dialogues techniques et pointus auxquels on ne pipe que dalle, des flingues laser qui te dématérialisent un tigre en un clin d’œil, de cette blonde plus innocente que n'importe quelle blonde (elle embrasse comme un glaçon mais bon face à vingt-cinq gaziers dans la fleur de l'âge qui viennent de passer un an dans une soucoupe, elle n'a pas non plus besoin de faire - et de dire... - grand-chose pour qu'ils soient en rut), de ce sérieux terrible de l'ensemble de l'équipe (seul le cuistot déconne, ahahaha - "eh, Robot, t'es un homme ou une femme" - la poilade), de cette empreinte du pied du monstre qui ressemble à une palourde géante cornue ou encore de cette intrigue où l'on apprend que putain, avec le subconscient humain, faut franchement faire gaffe. Mais bah, me voilà tout de même bien caustique avec une œuvre de science-fiction vintage qui a fait date et dont les effets spéciaux et les décors demeurent relativement chiadés - je fais mon malin, mais au fond, je ne suis pas un mauvais bougre, pensez-le bien. Bref, une œuvre, dans le genre, absolument incontournable... Allez tiens, dans la semaine, soyons fou, je me tape Barbarella. C'est Noël, que diable !
Commentaires sur Planète interdite (Forbidden Planet) (1956) de Fred M. Wilcox
- Sommet plastique et jalon incontournable de la SF spatiale 50's, cette production MGM est pourtant au départ une tardive et peu impliquée réaction d'un studio par trop assis sur son confortable derrière mais ne voulant pas laisser passer une mode excitant les confrères (Paramount et les films de George Pal, Warner et ses Harryhauseneries naissantes, Universal et les petites merveilles de Jack Arnold, et la Fox voyant la Terre s'arrêter un jour !). Heureusement, à l'arrivée il est cet étourdissant, cet enchanteur voyage fondateur, aussi naïf que visionnaire (certains plans de la base des Krells n'ont pu qu'influencer certains architectes de l'Etoile Noire !), aussi classique (relecture Shakespearienne de La Tempête, teintée de JulesVernisme et assaisonnée de préoccupations contemporaines (le risque d'une science/pouvoir dans la main de trop peu d'individus)) que novateur (les ambiances sonores d'avant-garde électronique du couple Barron contribuent diablement à cette impression plus encore que les effets spéciaux confiés aux équipes Disneyennes de 20.000 Lieues sous les Mers) et populaire (le film se pose, sans pour autant asseoir un « héros », dans la droite descendance des serials Buck Rogers et Flash Gordon), ce rêve coloré, à l'érotisme diffus (la sexualité baigne doucettement l'affaire mais sans la sensualité patente d'une Etrange Créature du Lac Noir), aux ressources ludiques infinies (l'iconique Robby le Robot !) et au ton douilletement bon enfant (même s'il on a bien un monstre et un scientifique un peu mégalo, Morbius ne saurait avoir l'ambiguïté d'un Nemo non plus) fait mouche encore 60 as plus tard.

- Robby rules !Sommet plastique et jalon incontournable de la SF spatiale 50's, cette production MGM est pourtant au départ une tardive et peu impliquée réaction d'un studio par trop assis sur son confortable derrière mais ne voulant pas laisser passer une mode excitant les confrères (Paramount et les films de George Pal, Warner et ses Harryhauseneries naissantes, Universal et les petites merveilles de Jack Arnold, et la Fox voyant la Terre s'arrêter un jour !). Heureusement, à l'arrivée il est cet étourdissant, cet enchanteur voyage fondateur, aussi naïf que visionnaire (certains plans de la base des Krells n'ont pu qu'influencer certains architectes de l'Etoile Noire !), aussi classique (relecture Shakespearienne de La Tempête, teintée de JulesVernisme et assaisonnée de préoccupations contemporaines (le risque d'une science/pouvoir dans la main de trop peu d'individus)) que novateur (les ambiances sonores d'avant-garde électronique du couple Barron contribuent diablement à cette impression plus encore que les effets spéciaux confiés aux équipes Disneyennes de 20.000 Lieues sous les Mers) et populaire (le film se pose, sans pour autant asseoir un « héros », dans la droite descendance des serials Buck Rogers et Flash Gordon), ce rêve coloré, à l'érotisme diffus (la sexualité baigne doucettement l'affaire mais sans la sensualité patente d'une Etrange Créature du Lac Noir), aux ressources ludiques infinies (l'iconique Robby le Robot !) et au ton douilletement bon enfant (même s'il on a bien un monstre et un scientifique un peu mégalo, Morbius ne saurait avoir l'ambiguïté d'un Nemo non plus) fait mouche encore 60 as plus tard.















