"- This girl could sell me cigarettes and I don't smoke... (said a young boy)
- I smoke... (answered an much older guy amazed by THE Hedy)"

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La présence d'Hedy Lamarr, une vision gentiment carte postale de Cuba (eh oui, quand les policiers cubains et américains coopéraient...), un final avec un duel couillu dans les Everglades noyés dans le brouillard - qui a dû faire chaud au coeur de Nicholas Ray -, c'est toujours mieux que rien... mais c'est vrai que cela ne suffit pas pour faire un grand film. Il est clair qu'au niveau du système de contrôle de l'Immigration, les Américains montrent qu'ils sont ultra rôdés (eh ouais, sur mer, sur terre et mêmes dans les airs, ils sont partout trop forts)... On a d'ailleurs un peu peur comme le film passe po mal de temps à nous montrer tous les rouages du truc, que cela tourne un peu à la démonstration de force : amis étrangers, sans visa en bonne et dûe forme, no way ! On était même à deux doigts de conseiller ce film à Claude Guéant, grand lecteur de ce blog comme cadeau d'anniversaire... jusqu'au final, où heureusement, il y a une ultime petite lueur d'humanité (que le Claude ne pourrait pas comprendre, dommage) : l'amour est sans frontière, mais ouais.

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Pas facile le taff d'un John Hodiak, inspecteur à l'Immigration, qui a la suite d'un meurtre obscur (ça sent l'immigré illégal) doit 1) se rendrelady without a passport à Cuba 2) prendre un accent hongrois pour tenter d'infiltrer le réseau 3) draguer Hedy Lamarr pour les besoins de l'enquête (pour le 1) et 3) je suis preneur. Je peux sinon prendre l'accent français). John Hodiak montre tous ses talents linguistiques et son sourire ultra-bright pour se faire passer pour un demandeur d'asile. Mais il a beau être terriblement futé, le gars Palinov, chef de réseau, a le réflexe de le faire suivre et ne tarde pas à découvrir sa couverture... Ça lui apprendra à notre John à un peu trop se faire tourner la tête par les gonzesses, qu'il s'agisse des danseuses locales ou de l'Hedy auprès duquel il joue les chevaliers servants... Il ne va po lâcher le morceau pour autant, sachant que le Palinov, amoureux (comme l'ensemble de la distribution masculine) de l'Hedy - d'origine viennoise comme chacun le sait -, veut faire passer celle-ci aux States. C'est sa dernière piste : encore faudrait-il qu'il n'en tombe point raide dingue et finisse par oublier son job...

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Les ficelles de l'enquête sont un peu grosses et le John, qui devrait y passer au moins à deux occasions, passe miraculeusement au travers du filet... Po ultra crédible tout ça... Même si Lewis tente ensuite de nous montrer toutes les subtilités dont savent faire preuve les inspecteurs de l'Immigration (on rentre presque dans le docu à la gloire de ces fins limiers), on ne demeure guère passionné par tout ce barnum mis en place pour capter un zig. Heureusement, la dernière partie dans ces marais "mia(s)miesques" où le danger vient de partout - les serpents qui rôdent, les crocodiles qui croquent, les marcassins aveugles - ajoute enfin un peu de sel à ce plat cubain peu relevé. John Hodiak, alone, part aux trousses non seulement du chef de réseau mais également de sa douce Hedy auquel il tient plus que son vulgaire badge de flic... Un brouillard à couper à la tronçonneuse et une scène finale sur un dock digne d'un western (tout cela pour/sous les beaux yeux d'Hedy). C'est toujours un bon point à prendre, comme dirait n'importe quel entraîneur de football à la fin d'un match nul joué à l'extérieur, mais cela ne suffit point pour rendre le match, le film, inoubliable.  

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