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Un peignoir, une clef à mollette, une fiole de poison... Que faut-il de plus pour construire un polar ? C'est un peu léger diront les plus sceptiques d'entre vous. Certes, il est bien également d'avoir au moins deux personnages principaux qui tiennent la route. Eh bien justement, c'est le cas. Ce qui fait tout l'intérêt de ce Framed, c'est de jouer sur des archétypes (la femme blonde forcément à croquer et forcément... vénale ; le type égaré forcément sans le sous et forcément... alcoolo) mais de les doter d'une "seconde couche" qui donne de la profondeur à leur personnage : cette femme fatale serait-elle incapable de tomber amoureuse ? Cet homme au fond du trou serait-il prêt à tout pour réussir, prêt à fermer les yeux sur une certaine moralité  ? Oui, non... C'est peut-être là en fait que réside le vrai suspense du bazar et ce qui rend au bout du compte le film relativement attachant.

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Glenn Ford déboule dans cette petite ville comme un chien dans un jeu de quille : au volant d'une camionnette sans frein, il sème la panique en ville avant que sa caisse s'écrase contre une bagnole en limitant la casse. Il a à peine le temps de boire un whisky dans le bar du coin pour se remettre de ses émotions que les flics l'embarquent et après un jugement rondement mené, il se voit offrir quelques jours en prison... à moins de pouvoir payer la caution. A po la thune. Seulement, il a eu la chance, en si peu de temps, de croiser la route d'une serveuse framed-1plantureuse (Janis Carter) qui lui a fait d'entrée de jeu les yeux doux... Les femmes, notre homme semble en avoir eu pour son grade (même si son passé reste totalement flou), et cela lui fait tomber les deux bras lorsque la donzelle paye sa caution. Mais le Glenn est méfiant et se doute immédiatement qu'il doit y avoir anguille sous roche... (Rahhhh, ces machistes !... Si l'inverse avait eu lieu, on aurait pensé que le gars était super gentleman - sauf s'il s'appelait Dominique, ok). Une femme ne peut venir en aide à un homme que si elle a besoin de lui ?... (huée des lecteurs et lectrices). Et si Glenn Ford, sur l'action, avait raison, mes bonnes gens ? Mais s'il avait tort, hein... Mais nan, il a raison... ah quoique... ouh là... Tout le reste de l'intrigue s'articule ensuite autour d'un peignoir (gasp, trahison ?!), d'une clef à mollette (coup fourré ?!), et d'une fiole de poison (le coup de grâce !?) - oui, cela fait beaucoup de points d'interrogation et d'exclamation. On se dit que Richard Wallace va jouer la carte du film noir jusqu'au bout et qu'il y a forcément un des personnages principaux qui va finir par morfler. C'est fort possible... Mais ce n'est po forcément les personnages les plus purs et durs, les plus "moraux", qui finissent par être les plus touchants... Nan. Richard Wallace trousse un bon petit polar qui, sous des allures, au niveau du scénar, un peu convenues, livre un final qui laisse tout chose... Enfin, au moins votre humble chroniqueur...

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