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Carol Reed avec cette adaptation d'un bouquin de A.J. Cronin se frotte à la veine sociale en évoquant la dure condition des mineurs. On pensait que Germinal (je parle du livre, pas de l'opérette de Berri) nous avait amenés jusqu'au fond du trou, The Stars look down nous enterre, littéralement - po vraiment le genre de film après lequel vous avez envie de jouer de la trompette, voyez. Pourtant il y a de la pugnacité dans le parcours de Davey Fenwick (Michael Redgrave) qui, issu d'une famille de mineurs, va tout faire pour se lancer dans des études supérieurs et toujours garder en tête la volonté d'améliorer la condition de ces mineurs de fond. Guère encouragé par une mère ultra-conservatrice et fataliste (elle semble descendre d'une famille de mineurs depuis les temps préhistoriques) ou par son frère qui n'a la tête qu'au football, il reçoit tout le soutien de son père, mineur depuis trente ans et véritable leader de ces "hommes en noir", pour s'extraire de ce milieu et changer les choses. Malheureusement notre Davey, empli de bonne volonté, ne va pas toujours croiser sur sa route les bonnes personnes : un "ami" ultra opportuniste qui le prend un peu de haut, une jeune femme qu'il va épouser (Margaret Lockwood) et qui va se révéler à la fois terriblement superficielle et guère loyale, un homme politique du parti travailliste qui ne va pas parvenir à le supporter jusqu'au bout (il tente contre vents et marées de faire fermer la mine où travaille son pater à cause notamment des risques d'inondation)... autant d'individus qui ne vont finalement, chacun à son niveau, guère lui faciliter la tâche... Ce qui devait arriver arrivera puisque un incident majeur surviendra dans la mine et notre Davey de se lancer dans une course contre la montre pour tenter de sauver les hommes coincés au fond - dont font notamment partis son père et son frère.

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S'il y a des films qui respirent l'espoir, cette œuvre de Carol Reed demeure relativement plombante - et ce malgré l'intervention d'une ultime voix off qui tente, autant que faire ce peut, de donner du baume au coeur ("la roue tourne", ouais, mais lentement quand même...). Toute l'énergie et la passion que Davey met aussi bien dans sa vie privée (il se laisse embobiner par une femme qui s'est accrochée à lui plus par dépit que par amour) que dans sa vie professionnelle (qu'il tente d'être un prof moderne ou de faire entendre sa voix auprès des responsables des mines, il ne parvient jamais à avoir gain de cause) paraissent bien vaines... Reste simplement à espérer que les temps changent... après la tragédie qu'il n'a pu empêcher. Carol Reed dépeint ce milieu des corons avec un réalisme poignant et fait un portrait plein d'humanisme de ces mineurs qui chaque jour risquent de toucher un peu plus le fond - qu'ils se mettent en grève et crèvent la dalle ou qu'ils taffent en mettant chaque jour un peu plus leur vie en danger. Le final nous laisse quant à lui aussi abasourdi que ce pauvre Davey... La lutte continue, yes man, tente-t-on malgré tout de lancer mollement... but the stars are still so far...

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