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Comme l'ami Scorsese m'a un peu déçu dernièrement au niveau de ces longs-métrages - ne revenons point sur ces polémiques infinies -, je me suis dit tiens, un ptit doc (de 3h30 tout de même) sur le gars George Harrison que je connais finalement guère, ça ne peut pas me faire de mal. Bon, c'est clair que du coup on a le temps pour faire plus ample connaissance avec le bonhomme. La première partie se concentre, forcément, sur l'époque Beatles puis, le gros morceau, sur l'après Beatles. On est un peu surpris de voir que la folle époque des débuts, celle de la "Beatlemania", fut sans doute plus sage, dans l'intimité, qu'on pouvait le penser (c'est po les Rolling Stones...). Nos quatre gaziers semblent passer tranquillement la plupart de leur temps ensemble dans des chambres d'hôtel qu'ils se partagent, tentant d'échapper à l'hystérie que provoquent chacun de leur concert ou leur moindre apparition. Ce n'est pas non plus ce qui semble intéresser le plus l'ami Scorsese qui aura tôt fait de se concentrer sur la personnalité de ce George : c'est un personnage pas toujours évident à cerner - nombreux sont les témoignages qui reviennent sur une certaine "duplicité" de son caractère - dont on découvre malgré tout les principaux traits ; il est fait longuement état de sa période "spirituelle" grandement influencée par l'hindouisme et de sa collaboration musicale avec Ravi Shankar, de son indéniable génie créatif qui a souvent eu du mal à éclore auprès d'un Lennon et d'un  McCartney, ou encore de sa véritable générosité envers ses potes musicos (d'Eric Clapton à Tom Petty et j'en passe une fournée), ou acteurs (en particulier les Monty Python : sans le George, La Vie de Brian aurait sans doute bien eu du mal à voir le jour). Ah oui, il y eut aussi la drogue.

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Scorsese ne révolutionne point le genre en mêlant - habilement, certes - images d'archives et interviews, mais ces dernières sont particulièrement intéressantes tant l'on sent le désir en chacun de ses anciens compagnons de route (artistes et proches) de livrer sincérement leur souvenir sur ce bon George : les témoignages notamment de McCartney, de Jackie Stewart ou encore de sa dernière femme, Olivia (le récit de ce jeune homme qui les a agressés chez eux en 99 est assez terrible...) sont particulièrement touchants sans que ceux-ci prennent forcément la peine d'user de la "langue-de-bois-propice-à-l'hommage-du-genre". Même si sa carrière a indéniablement connu des hauts - certains textes restent de petits chefs-d’œuvre - et des bas - a un peu perdu sa voix, le gazier, en route -, on sent toute la passion qu'il pouvait mettre dans chacun de ses projets - la production des chansons période "hare krishna" reste un must en l'occurrence. Le personnage peut paraître parfois un poil "illuminé" (ah ben c'est les seventies aussi... Il semble malgré tout que le gars a su toujours faire preuve d'une vraie lucidité et "revenir sur terre" (po pour rien que sur la fin de sa vie, il passa autant de temps à littéralement "cultiver son jardin")) mais il fut aussi et peut-être avant tout "illuminant" pour son entourage ; toujours partant pour se lancer dans des projets en collaboration avec d'autres musiciens, sa passion musicale ne semblent s'être jamais éteinte. Au niveau du processus de création, c'est un peu la partie congrue (bien aimé tout de même sa confrontation en studio avec McCartney lors de l'interprétation d'Hey Jude ou son incroyable facilité à écrire certains morceaux et certains textes - Here comes the sun écrit en moins de temps... que le lever du soleil -) mais si vous voulez tout savoir sur George Harrison sans même l'avoir demandé, ce doc vous satisfera forcément. Somewhere in the way she smiles / That I don’t need no other lover... Eh ouais, tout de même, c'est pas rien...

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