"- Daddy, what makes you dream ?
- The mind, mostly. Mind is like a very wonderful camera. You know how cameras work?
- Sure, it take pictures.
-That's right. That's the way the mind works. From the day we are born the mind takes pictures and stores them away. Now and then, one of those pictures come lose in our sleep and that becomes a dream. So the trick is : take only good pictures and have only good dreams."

"You better call the police. I just killed a man."

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Voilà une série B signée du gars de Toth réalisée avec une belle sobriété et d'un excellent calibre. La présence de la troublante et sensuelle Lizabeth Scott (The Strange Love of Martha Ivers, Dead Reckoning, Desert Fury, I walk alone, Dark City, The Racket, ... Ouais, je suis fan, ça se voit ?) y est forcément pour quelque chose vu que c'est elle qui va ébranler ce bon Dick Powell qui menait jusque là une vie bien pépère : cadre dans les assurances, marié à la mimi et sérieuse Jane Wyatt, un gamin à la bonne frimousse, bref, le rêve de tout bon vieux citizen ricain moyen. Alors oui, c'est po la vie d'aventurier qu'il pensait pouvoir avoir plus jeune, mais bon, tu as une famille, mon vieux, c'est po drôle tous les jours mais faut assumer... Bon, cela dit, c'est sûr que croiser, au hasard du taff, une donzelle comme Lizabeth Scott qui te fait des yeux plus doux qu'une biche au réveil peut t'infliger un sacré coup dans la cuirasse. Sa voix est, qui plus est, chaude comme la braise, on lui propose un verre, puis une balade en bateau et puis ouais, tiens, finalement ce soir je suis libre, allons au resto et puis le lendemain on remet le couvert en allant visiter la belle et on craque forcément quand elle tend ses lèvres - je dis "forcément", chacun voit midi (et son démon) à sa porte, remarquez... Elle apprend cela dit rapidement que le Dick est marié, ouais c'est mal, ils acquiescent en cœur, la séparation est clean comme du rognon coupé au fil électrique, revenons sur terre mon bon, et fermons les yeux sur cette incartade... Seulement t'es dans un film noir, mon vieux Dick et c'est jamais si simple...

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Il est jamais bon d'avoir comme "collègue" (il bosse comme détective pour l'agence) une masse comme Raymond Burr têtu comme un mulet et forcément envieux quand tu passes la soirée avec ce qu'il estime être la femme de sa vie - elle l'aime po, la Lizabeth, ce type, mais il est pas du genre à considérer cela comme un obstacle. Le Raymond te pète la tronche pour que tu t'écartes du chemin, tu lui pètes la sienne quand il menace de faire du chantage auprès de ta femme, on pourrait se contenter de remettre la balle au centre surtout que le Dick est dorénavant sage comme une image. Mais le Raymond est un obstiné et va se faire un malin plaisir d'aller voir l'ex de la Belle - ce fourbe de Byron Barr - qui doit bientôt sortir de prison (il avait chourré des trucs pour elle)... Elle était prête de son côté à faire une croix dessus, mais comme le Dick n'est pas libre, elle veut bien s'en contenter. Seulement le Byron, remonté comme une pendule par cet enfoiré de Raymond, ne l'entend pas de cette oreille et se rend flingue en main chez le Dick. Fusil, ça sent le drame mes amis...

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Ce qu'il y a de terrible aux USA, c'est que dès que tu joues avec le feu, ben tu te brûles... Le Dick a beau revenir tranquillement à ses croquettes Friskies et faire le deuil de cette bombe aventureuse, il va quand même devoir boire la coupe jusqu'à la lie (bien aimé la séquence où il marche comme un mort-vivant... Mais il lui faudra rapidement reprendre ses esprits) ... Ben ouais, il n'a rien avoué à sa femme - quand tu brûles un feu rouge, tu vas pas chez les flics, pitfall_(1948)nan ? (si ma métaphore ne tient pas la route, vous pouvez toujours protester...) -, il n'avertit pas non plus les flics quand il sait qu'il peut être en danger (la Lizabeth l'a prévenu de l'arrivée, armée, de son gazier) mais putain, le Dick veut assumer quoi, c'est son droit bon Dieu - bah, autant vouloir calmer un incendie en soufflant dessus, il lui faudra payer la note moralisatrice. C'est sec comme un coup de trique - deux bastons, une poignée de coups de feu - et l'André de Toth de nous entraîner l'air de rien dans sa petite mécanique implacable. Comme au tennis (et j'ai encore rien bu) à chaque fois qu'il y a faute, c'est une balle qui sort et notre couple adultère d'un soir va devoir en subir les conséquence jusqu'au tie-break (traduction libre et fantasque : le "lien rompu" entre Dick et sa femme). Une tentation qui coûte cher et qui s'avère au final terriblement déprimante... Merci André, c'était le piège, tu m'as niqué ma soirée. Sans rancune, je boirai à ta santé car ton petit bazar tient tout de même diablement la route.

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