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"I'm Fifi and no one in Paris can can-can like me."

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Petit film sans prétention du gars Sirk qui a pour toile de fond le tournage d'un film ; le cinéaste n'est pas forcément tendre avec le milieu et en particulier avec le réalisateur (Don Ameche) en charge d'une comédie musicale : égocentrique, ambitieux et capricieux, on ne peut point dire que le portrait du bonhomme soit particulièrement flatteur. Au delà de ça, le ton du récit reste tout de même relativement bon enfant : l'histoire se focalise sur les relations entre Don et sa nouvelle trouvaille (Dorothy Lamour - personnellement non merci) qui doit remplacer une actrice frenchy exténuée. Dès le départ elle craque pour cet homme déterminé pour ne pas dire autoritaire qui se fait un devoir d'être son pygmalion : cours de danse, de chant, de frenchy et de comédie pour que la belle puisse rapidement lui permettre de retrouver le chemin des plateaux. Grâce à elle, Don peut renouer avec ses producteurs mais ce succès professionnel lui fait totalement oublier la chtite Dorothy. Celle-ci, lasse, se met à sortir avec le producteur ; si notre Don a quelques sursauts de jalousie, il a malgré tout bien du mal à lui déclarer sa flamme...

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C'est loin d'être le scénario le plus original de tous les temps, mais grâce à une véritable élégance dans la mise en scène - à l'image du tournage des scènes de danse : bien que ces décors de pseudo rues parisiennes et surtout ces esplanades avec colonnes romaines en ruines soient un peu kitschouilles, les chorégraphies sont d'une parfaite fluidité -, ce métrage du gars Sirk passe comme un petit beurre. Même si la Dorothy n'a pas un jeu d'une énorme finesse (je reconnais que la scène où elle se cache à quatre pattes en maillot de bain sous une table en verre (!) n'aide pas vraiment non plus à lui filer la classe...), elle parvient malgré tout à insuffler au film un poil de comédie : on sourit gentiment lors de sa période d'apprentissage et en particulier lorsqu'elle parvient à parler anglais avec un accent français de façon impeccable... Sa présentation au gratin du show-business est joliment gérée par le gars Sirk qui se sert de façon subtile d'un grand miroir rond : sous les yeux de ses fvlcsnap-2011-10-18-13h41m55s103uturs réalisateur et producteur, elle passe de "l'autre côté du miroir" avant de se mettre à pousser la chansonnette. Dommage que le personnage de Don Ameche soit un peu monolithique - le type tellement préoccupé par lui-même qu'il a bien du mal à ouvrir les yeux sur son entourage en dehors d'un plateau - et que la démonstration sur ce milieu du cinéma qui se regarde le nombril manque un chouille de fantaisie. Sirk nous gratifie tout de même sur la fin de deux séquences qui marquent des points : le pétage de plomb de la nouvelle star Dorothy devant les journalistes injecte enfin du "sang" à l'ensemble - elle se met enfin "à nu" et balance au gars Don ses quatre vérités... Le raccommodage n'aura point lieu sur l'oreiller mais sur... le plateau du tournage, lors d'une scène conciliant mignonnement cinoche (le réalisateur mouille sa chemise et montre aux comédiens comment jouer la scène pour que l'émotion surgisse enfin...) et roulage de galoche à titre perso. Amour du cinéma et de la femme "starifiée" sont conciliés : on voyait venir le happy-end de très loin (...) mais bah, fi des reproches, on a décidé, une fois n'est pas coutume, de se montrer relativement indulgent (toujours eu un faible pour les films sur le cinéma, c'est ça) avec cette charmante œuvre de Sirk émaillée d'un zeste de causticité - aussi légère et acidulée qu'une crêpe Suzette...

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