vlcsnap-2011-10-17-20h08m37s197

Phil Karlson a beau être l'un des rois de la série B, rien ne l'empêche parfois de flirter avec la C. Emmené par ce vieux roublard de John Payne - desservi tout de même par un terrible sous pull bleu dans le final... -, Hell's Island possède son lot de cadavres (belle imagination des scénaristes : il y a le meurtre par griffe métallique réservé habituellement aux coqs de combat, le carnage sanglant par bouffage de crocodiles ou encore la mort violente par défenestration sur chaise roulante...), son bon vieux MacGuffin de base (la recherche d'un énorme rubis : tout bon fan de Tintin devine malheureusement dès le départ où l'objet tant convoité se trouve), ses scènes d'action pointues (diable je suis enfermé dans une prison, comment vais-je faire pour m'en sortir... ah ouais, je vais appeler le garde et me cacher derrière la porte en bois (!)... Nan ?... Si, et ça marche les enfants) et sa femme vénale et manipulatrice à souhait (Mary Murphy que j'ai trouvée absolument ridicule mais qui semble savoir s'y prendre pour ensorceler les hommes - qui, soit dit en passant, ne donnent pas vraiment l'impression tous autant qu'ils sont d'avoir inventé le sécateur...).

vlcsnap-2011-10-17-20h11m28s113vlcsnap-2011-10-17-20h11m36s203

Du potentiel donc, sur le papier, mais une histoire à laquelle on a bien du mal à accrocher... La faute à mon humble avis en grande partie à cette Mary Murphy aussi crédible en femme fatale que moi en spiderman - j'ai la phobie des toiles, voyez. Dès le départ, en plus, on lit clair dans son jeu - quand elle recroise son ex mari, ce bon hells islandJohn Payne envoyé en mission sur cette île pour mettre la main sur le joyau, elle l'ignore comme un pain au raisin rassis. Et puis v'la t'y pas que le soir même, elle le recroise et lui tombe dans les bras, le suppliant dans la foulée d'aller libérer son nouveau mari retenu prisonnier... Tu vois venir de loin l'embrouille mais nan, cet idiot de Payne fonce dans le piège... Il saura certes reprendre ses esprits par la suite et suspecter son ex d'être la dernière des bitches. Cela nous vaudra une scène finale ridiculissime avec celle-ci qui ne cesse de s'accrocher à son cou pour le séduire alors que ce dernier la balance tant et plus contre le mur... Du "je t'aime moi non plus plus" (j'assume les deux "plus") qui finit par fatiguer - et puis comment tu veux croire que tu es sexy quand tu portes un sous pull, franchement... Comme le montage est également bien souvent bancal - les faux raccords sont affreux -, on perd un peu patience en attendant la découverte du fameux rubis (mais il est là, juste dans la pièce, réfléchissez tous deux secondes...!). "L'amour des femmes est un poison qui, une fois dans tes veines, peut devenir une véritable arme" (je cite plus ou moins l'un des mâles désenchantés de l'histoire), mouais, pourquoi pas, encore faut-il être sacrément aveugle pour se laisser mordre par une telle donzelle... On a connu le Phil dix fois plus inspiré - et pis, soit en passant, le film noir en couleur, y'a pas à dire, j'ai quand même du mal...

vlcsnap-2011-10-17-20h13m10s101vlcsnap-2011-10-17-20h13m36s119