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Une petite gourmandise de l'ami Kiarostami que l'on doit à nos gars de la Cinémathèque française et d'Arte qui l'ont fait plancher sur la chevelure féminine... Qu'est-ce que le trublion iranien a trouvé comme angle d'attaque pour aborder le problème ? Il choisit tout simplement de filmer une mini bambinette de quatre ans à laquelle on propose de faire un film ; l'histoire est simple : une amie de la chtite est jalouse de sa chevelure et une nuit, dans son sommeil, elle va venir les lui couper. Question et dilemme : accepterait-elle de se faire couper les cheveux pour devenir une "star" dans un film ? Ce serait Godard, on se doute que la gamine aurait été tellement torturée et impressionnée par les grosses lunettes du bonhomme, qu'elle aurait fini par craquer... Je plaisante. Le fait est qu'ici, la gamine a beau avoir un temps d'hésitation - qu'elle passe d'ailleurs en se triturant les cheveux -, rien ne la fera changer d'avis. C'est niet, definitely ; la jeune femme qui mène l'interview insiste tant et plus mais notre bambinette n'est pas du genre à vouloir galvauder sa longue chevelure pour devenir une quelconque actrice - c'est beau, Sigourney Weaver est livide. La belle idée, c'est qu'ensuite Abbas montre uniquement la réponse négative d'une poignée d'autres bambinettes : aucune ne semble prête à vouloir faire un tel sacrifice. Pureté, détermination et beauté simple de l'enfance, tout Abbas dans une petite assiette - ou un plat à barbe si on veut absolument une chute. Craquant.   (Shang - 17/10/11)


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Enfoiré de Kiaro, qui se permet en toute tranquillité de faire de la politique dans le cadre serré d'une commande d'un film de 7 minutes. Un film sur les cheveux dans le pays du voile (le film est tourné en Italie, mais par un Iranien) ? Un film sur la possibilité de dire "non" dans un pays où toute rébellion est interdite ? Un film sur les filles dans un pays où elles sont spoliées ? Allez ! Notre compère, armé de sa simplicité biblique légendaire, fait mine de filmer une petite gamine mignonnette en train de refuser qu'on lui coupe les cheveux ; en réalité, ça va bien au-delà. Kiarostami choisit justement un enfant pour n'être accusé de rien ("Moi ? je fais juste un film sur une gamine, elle n'a pas besoin d'être voilée. Et puis ça, va, c'est pas une rebelle, elle a 7 ans..."). Mais à travers elle, il convoque tous les visages féminins de son pays, réalisant un film tout d'insolence, déjouant une nouvelle fois la censure par la fausse candeur qu'il montre. Quand ces petites filles défilent toutes à la chaîne, dessinant un "non" sur leurs lèvres, on se dit que Kiaro a peut-être filmé là aussi une génération future qui osera enfin faire acte de rébellion, lutter contre un pouvoir masculin qui brime les femmes, contre un pouvoir politique qui leur interdit d'être belles. Eh oui, il y a tout ça dans ce film, qui pose aussi, par la bande, la question du pouvoir du cinéma, déjà posée jadis dans Close-Up ou dans Au travers des Oliviers : milieu attirant et fantasmatique, certes, mais auquel on peut s'opposer pour garder sa dignité, son orgueil. C'est ce que fait cette petite héroïne ordinaire, et c'est toute la beauté de ce court-métrage que de nous présenter ici LA révolte contre les pouvoirs, en quelques minutes, à travers cette Antoine Doisnel au féminin. Magnifique.   (Gols - 08/12/22)

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