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Autant je peux être fan des films de trains, autant les films d'avions m'ont toujours passablement ennuyé... Ce n'est pas ce Jet Pilot absolument navrant et aussi réaliste que les prétentions de S. Royal au premier tour des primaires qui va relever le niveau. On se demande bien d'ailleurs ce qui a pu séduire Von Sternberg dans cette histoire, si ce n'est la présence de la divine Janet Leigh qui a définitivement de très beaux atours - on s'accroche à ce qu'on peut et Dieu sait que John Wayne fait la même chose en multipliant les allusions ultra fines à la plastique de la belle (Dans un magasin de soutifs : "Nous avons un point commun avec les Russes : nous aimons lever les masses..." - la très grande classe). Donc voilà à ce à quoi on assiste pendant une bonne partie du film : des avions qui font des cabrioles dans le ciel pendant que Wayne et Leigh nous balancent en voix off des dialogues indigents ; un bien jouli métrage en technicolor qui, en fait, nous amuse peu de temps... Wayne, pilote ricain et la Janet, transfuge russe, ne vont, eux, pas perdre de temps pour tomber dans les bras l'un de l'autre - leurs scènes dialoguées est d'une mollesse lénifiante (ce besoin de laisser cinq secondes entre chaque réplique comme s'il fallait remplir au max de la pellicule) - et le Wayne de se marier avec son héroïne juste avant de se rendre compte qu'elle est - oh attention big surprise ! - une espionne (Janet Leigh, fifille bien jeune et naïve est aussi crédible en Mata Hari que moi en jockey)... Le scénar devient totalement abracadabrant lorsque le Wayne se rend à son tour en Russie en faisant croire qu'il a choisi, de son propre chef, de quitter les U.S....

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On a forcément droit en prime, à la moindre occase, à un petit discours propagandiste qui fleure bon ces débuts de la guerre froide : la Janet est émerveillée par tout ce qu'elle voit dans ce paradis capitaliste (des steaks hénaurmes aux chambres d'hôtel trop spacieuses - "on gâche de la place, on pourrait facilement faire tenir ici quatre familles !" - et un dromadaire et un troupeau de pingouins aussi...) alors que chez elle ben y a rien qui marche (Madagascar à côté c'est du pipeau), tout est gris, terne, moche... Janet Leigh ne cesse de nous livrer de petits laïus sur "l'esprit communiste" - l'individu n'existe po, il doit se sacrifier entièrement pour l'Etat, qui a bien raison de plus investir dans des bombes que dans des logements... Tout à l'avenant. Heureusement que cette pimprenelle est suffisamment glamour (elle porte très bien le mini short, vous comprenez ce qui m'a le plus passionné dans cette œuvre...) sinon on lâcherait le film au bout de dix minutes (si cela avait été un transfuge appelé, disons, Boris, déjà John Wayne aurait beaucoup moins fait le beau ("Je dois coucher avec Boris pour le faire parler ?... Ah ouais, challenge...") et le film aurait indéniablement perdu tout son - minimum de - charme.) Bref, si ces espions s'amusent, le spectateur reste lui terriblement en carafe, tout déçu de voir un film de Sternberg aussi paresseux et peu inventif...

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