vlcsnap-2011-10-06-18h26m52s122

Bienvenue à Sin City, l'enfer de l'Alabama... Sur le thème de la ville corrompue jusqu'à l'os par une poignet d'hommes qui aiment à se retrouver entre couilles dans un sauna (des pélos qui prennent plaisir à discuter dans cette ambiance surchauffée, c'est forcément des bandits, clair, quel que soit l'endroit du monde...), Phil Karlson fait doucement monter la sauce avant de nous balancer quelques monstrueux éclairs de violence. On savait que les pontes n'étaient po des tendres et qu'ils avaient quelques hommes de main bien affûtés, mais là c'est quand même la totale : gamine assassinée et jetée comme une malpropre sur une pelouse, passage à tabac ultra rugueux, viols en tout genre, meurtre maquillé en accident, coups de flingue à bout portant...

vlcsnap-2011-10-06-18h28m05s105

Quand le Karlson décide de lâcher les chevaux en prenant soin de soigner ses plans - terrible efficacité des gros plans, jeu sur la profondeur de champ avec notamment, au premier plan, des types qui dégoulinent d'hémoglobine (Romero devrait apprécier...) - et de distiller une musique qui fait souvent froid dans le dos - accords violoneux particulièrement stridents -, on peut dire qu'on éprouve la même nausée que ces citoyens jusque là bien passifs mais qui tendent à vouloir enfin passer à l'action... violemment [un peu comme moi hier quand j'ai retrouvé mon scooter et le voleur à deux kilomètres de chez moi, en plein Shanghai, alors que je marchais - sachant qu'il y avait une chance sur un milliard, je me demande si, depuis, je ne crois po en Dieu - je vous passe l'épisode dantesque à la police, revenons à notre film bon dieu - mais je tenais à rassurer Gols qui se faisait du mouron...]. Mais les personnages principaux qui veulent nettoyer la ville de cette gangrène savent raison garder (c'est bien les gars, pas la peine de constituer un boy's band qui ferait passer l'Inspecteur Harry et Charles Bronson au sommet de sa gloire et de ses bouses pour des enfants de chœur) et auront l'intelligence de laisser la Justice reprendre le dessus...

vlcsnap-2011-10-06-18h28m54s65

Il est vrai que l'intro est un peu longuette avec ce journaliste de pacotille qui donne la parole à de véritables citoyens de la ville - un peu comme si un film pour Les dossiers de l'écran commençait avec une discussion entre les invités. Toute la première partie du film est également plutôt sage avec la présentation des forces en présence : d'un côté les tripots avec leurs chanteuses de charme, leurs machines à sous, cette clientèle composée en grande partie de militaires - il y a une base po loin - et de gros bras qui chapeautent le tout. Le gros ponte est un certain Tanner (Edward Andrews) qui ferait passer Claude Guéant pour un type de bonne foi. De l'autre côté, quelques bons vieux notables de la ville qui se comptent sur les doigts d'une main... Heureusement, le fils de l'un d'eux va apporter un peu de sang neuf à leur combat contre le crime alors que la majorité de la ville a baissé les bras depuis bien longtemps - faut dire qu'avec une armada de flics aussi crapuleux, il est dur de croire en l'état de Droit... Divers crimes dont les victimes sont ces hommes de bonne volonté restent totalement impunis - faut dire que les jurés, à chaque procès, font littéralement pipi dans leur froc, ça se lit sur leur visage (clair qu'il y a eu menaces, moi je dis) - et la seule planche de salut pour notre petit groupe d'hommes motivés consiste à rafler le poste d'Attorney general : la partie s'avère péchue surtout que même en cas de triomphe, un assassinat est toujours possible...

vlcsnap-2011-10-06-18h29m55s153

Ça fleure un peu le film de droite, dit comme ça, mais faut dire que la pègre n'y va pas avec le dos de la cuiller pour marquer son territoire - le meurtre de la gamine black suivi du gamin fauché à vélo par une bagnole de gros bras lancée à pleine vitesse te refroidit ta mère... On sent venir la scène de lynchage public lorsque la foule se décide à se faire elle-même justice contre ces meurtriers de pontes et il serait presque difficile, pour une fois, de ne pas être d'accord avec ces hommes en colère [allons calmons-nous, on l'a récupéré ce putain de scooter...] Mais un black, James Edwards (The Killing), pourtant meurtri dans sa chair, saura faire garder la tête froide au héros de l'histoire (le fils de l'aspirant Attorney assassiné - une scène frankensteinienne, pour le moins...) lors d'une terrible séquence en eau trouble où notre homme, totalement désespéré et revanchard, parviendra à ne pas sombrer dans la noirceur... Karlson illustre avec un certain talent l'ambiance sordide de cette ville et les éclats de violence les plus drus et nous laisserait presque en état de choc après ces quelques séquences coup de poing. Mais je m'en remettrai rapidement, dit-il, en laissant le vent surfer sur mon crâne au volant de mon fidèle destrier...

vlcsnap-2011-10-06-18h30m58s13