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Ca va, moi aussi je cherche des films français pour aider mon camarade Shang... Du coup, moi aussi je tombe sur des merdes, voilà ce qui se passe quand on veut faire plaisir. La Conquête obtient un résultat à peu près inverse de celui visé a priori par Durringer : il voudrait montrer les arcanes de la montée au pouvoir de Sarko, et de ce fait fustiger l'ambition démesurée du bonhomme, la trivialité et la violence du pouvoir, l'ostracisme des dirigeants de ce monde ; il ne parvient qu'à nous livrer une pochade même pas digne des Guignols de Canal+. Pire : il donne une image naïve, fausse et puérile de la politique, et sert la soupe à ceux-là même qu'il veut critiquer. Le discours : Sarko serait arrivé au pouvoir pour la seule raison que sa femme l'a quitté et qu'il veut lui prouver qu'il en a quand même dans la culotte. Durringer filme donc le personnage comme un pauvre clown excité, en quête de virilité, humilié par son cocufiage, et point barre. Il me semble que Sarko est quand même un poil plus complexe que ça ; en le montrant de cette façon, le réalisateur (et l'acteur) nous font croire à un petit enfant frustré, alors qu'il est un monstre de stratégie, arrêtez-moi si je me trompe.

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Toute la vie politique, selon Durringer, se jouerait donc là-dessus ; frustrations sexuelles, combats de coqs, petits compromis entre amis... Un film équivalent à des brèves de comptoir, en quelque sorte, avec ce discours sous-jacent poujadiste et éternel : "tous pourris, j't'en r'sers un, Roger ?". A quoi ça sert de nous montrer ce genre de truc ? Sûrement pas à énerver les cibles visées : Sarko, Villepin ou Chirac ont dû être bien soulagés quand ils ont découvert ce faux pamphlet qu'on leur annonçait sanglant, en fait doux comme un agneau et complètement asservi à la bien-pensance populaire ; poussée à un tel excès, la critique devient une mascarade bien innocente (le moyen W. de Stone était en tout cas bien plus drôle, et savait sur quel pied danser). Sûrement pas non plus à nous apprendre quoi que ce soit sur la politique, autrement plus intéressante que ce ramassis de clichés, qui vire au mieux à la compil des petites phrases sarkoziennes (tout y est, du kärcher à la France qui se lève tôt), au pire au mensonge pur et dur (je suis pas vraiment au jus, mais il m'avait semblé que l'affaire Clearstream était un chouille plus compliquée que ça). On sent que tout a été lu, regardé, écouté, avec soin, par les scénaristes, pour faire le plus vrai possible ; nul doute que ces phrases ordurières et assassines ont bel et bien été prononcées par les protagonistes, que les décors sont les répliques exactes de leurs modèles, que le moindre costume ou le moindre tic de l'agaçant Podalydès correspondent à la réalité... Et alors ? Pour quoi faire ? Cette tendance néo-réaliste est encore une fois un leurre, ce n'est pas en copiant la réalité qu'on la raconte le mieux. Le film est tout sauf politique, tout sauf réaliste, tout sauf... bon.

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