r2jp-00-04-04

Retour de vacances pour la seconde moitié de ce blog, pour vous donner des nouvelles tant attendues du cinéma malgache - hein ? Ben non, po de nouvelles, bonnes nouvelles... Plus sérieusement, essayons de s'attaquer à cette After Life de l'ami Kore-eda dont nous (sauf erreur de ma part, ami Gols) avions aimé Nobody Knows alors qu'il me semble bien avoir été le seul à craquer sur Still Walking. Certes, le souvenir est déjà un peu nébuleux vu que j'avais visionné ce film juste avant de partir dans ma casa coupée du monde, et cela est en soi guère bon signe... Il y a pourtant au départ de très bonnes idées dans ce film de Kore-Eda : des gens venant tout juste de mourir se retrouvent dans une sorte de "purgatoire" (de la mémoire) pour dire quel fut le moment le plus heureux de leur vie, moment qu'ils voudraient conserver pour l'éternité... Ces quelques instants de bonheur suspendu, il leur est proposé de les recréer, autrement dit de les filmer en studio (voyez le lien réalité / cinéma, éternelle machine à rêves ? Pas besoin de vous faire un dessin). Idées intéressantes en soi et Kore-Eda de multiplier les entretiens avec ces vieilles personnes - pour la plupart - qui tentent de fouiller dans leur passé pour retrouver cette scène magique et précieuse de leur vie. Bon ben franchement, autant ne pas essayer de couper les cheveux en quatre, mais une fois que j'avais capté le concept, me suis ennuyé comme un rat mort (pas ceux de ma cour, en pleine bourre et bougrement bien alimentés par mes voisins pendant ces dernières semaines qui se plaisent à y jeter leurs déchets - je vous tiens au courant). C'est mignon et attendrissant tout plein, on essaie soi-même de se prendre au jeu (mes footings sans fin sur la plage déserte d'Ankimony, l'annonce du malaise de Sarkozy...), mais franchement la sauce a du mal à prendre... Pendant quatre-vingt-dix minutes, on patauge dans la semoule, suivant les préparatifs des re-créations de ces moments-là (qu'on ne verra d'ailleurs point - par pudeur ou par faute de réelle inventivité de la part de notre ami japonais, je pose la question...) entre personnes qui ont bien du mal à mettre le doigt dessus et micro-histoire d'amour qui se tisse en parallèle... Ce film post-mortem sur lequel plane une évidente tristesse, un drôle de goût de cendre, avait du potentiel mais (était-ce ma propre fatigue cinématographique ? Je ne pense même pas) a plus tendance à rester au niveau des bonnes intentions qu'à nous faire vraiment planer dans l'au-delà... Déçu, voilà tout.

r1jp-01-40-30