everyone_juliaJe devais vraiment être dans une petite forme la première fois que j'ai découvert cet opus allénien... En le revoyant hier soir, j'ai été plié du début à la fin et charmé par ces nombreuses petites amourettes qui sillonnent le récit. Allen s'attaque à la fois au film choral et musical et c'est vrai que parfois cela part un peu dans tous les sens : au niveau chorégraphique (à l'hôpital) ou scénaristique (on ne cesse de tanguer d'un personnage à l'autre, Drew Barrymore, puis Woody, puis Gaby Hoffman (sa fille) puis Natalie Portman (toute jeunette et déjà... ouah) puis re-Drew et re-Woody avec Goldie Hawn...); on ne sait pas trop sur quel pied danser mais cela fait partie justement du sujet... Tout le Monde dit I love, on est pas pris en traître, même si, paradoxalement le refrain de la chanson phare est plutôt du genre "plus jamais, on ne m'y reprendra" - ben tiens, pense donc...

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Un casting de grande classe et chaud comme la braise (la nuisette de Drew, le sourire sage comme une image de la Julia, la lolitesque Natalie Portman, Goldie Hawn, ah moins quand même... sans oublier le frustre Tim Roth qui touche tout ce qui bouge), un rythme pétaradant et des gags de très bonne tenue (mention spéciale pour le fils de la famille, Républicain parmi les Démocrates, qui finit par s'évanouir : il avait une artère bouchée depuis un an qui ne lui irriguait pas suffisamment le cerveau - après l'opération, il devrait redevenir normal...). Woody Allen, acteur, retrouve un abatage des grands jours - il en feveryone_drewait même des tonnes avec Julia Roberts, mais on lui passe tout - et Woody Allen, réalisateur, signe quelques séquences magnifiques : la séance de jogging à Venise (drôlissime quand Woody, collé contre le mur, en short, attend le passage de la Julia), la discussion avec cette dernière au bord du canal puis à la lumière d'un palazzo (superbe éclairage de Carlo Di Palma, soit dit en passant), l'inoubliable séquence de "haute voltige" sur les quais de la Seine sans parler des sublimes prises de vue sur New York, au printemps, en automne et en hiver, toujours plus belle à chaque saison. Moins de profondeur peut-être que dans certaines oeuvres du maître, certes, mais un grand divertissement, avec toujours en prime une pointe d'émotion, chaque fois que le pauvre Woody se fait lourder. Je pense que la troisième vision devrait être encore meilleure...   (Shang - 21/10/08)


Popopo, j'aime absolument chaque seconde de ce petit trésor, et même après 887 visions, ce film garde pour moi son charme intact. Woody trouve la note parfaite entre légèreté et nostalgie, dérision et sérieux, et livre son film le plus ample mais aussi le plus touchant. Ca tient à une seule et unique chose, sorte de Graal indécrochable : le rythme juste, qui fait que cette comédie musicale se range sans rougir auprès des grandes hollywoodiennes. Regarder Everyone says I love you, c'est comme pour la madeleine de Proust : imagesun retour immédiat en enfance, vers cet âge en suspension où la magie est possible, où on croit encore à la beauté des choses, des gens et des sentiments. On ne s'étonnera donc jamais de voir Goldie Hawn s'élever dans les airs sous les impulsions de Woody, celui-ci être amoureux de Julia Roberts à Paris puis être dans la scène suivante à New-York, un éclopé ou un mort se mettre à danser comme des sauvages, ou un chaufeur de taxi turc entonner une chansonnette avec l'héroïne. C'est de la magie, point barre, avec même cette acceptation sans complexe d'une certaine kitscherie indissociale de la grande comédie musicale comme on l'aime. Le tout est fait avec une élégance et une modestie de chaque instant : photo sublime, musique au taquet, scénario aux petits oignons qui réserve des trésors de petites répliques alleniennes à mort, petite bande d'acteurs glamour (pour ma part, ma préférence va à Alan Alda : l'homme banal par excellence, qui arrive à devenir craquant dans la moindre de ses scènes. Regardez ce qu'il fait dans la scène de l'enterrement du grand-père, où il est en charge des banalités crétines qu'on dit dans ces cas-là : il est 18923302_w434_h_q80astucieux et hilarant). Comme tous les grands films sentimentaux américains, il est difficile de dire pourquoi ça marche alors que tant d'autres se plantent : c'est juste une question d'osmose entre les acteurs, de magie éphémère dans l'écriture, de petite note qui sonne à la perfection. En tout cas, l'équilibre total semble être trouvé, et on serait bien en peine d'enlever quoi que ce soit à ce film sans en briser le charme. Un chef-d'oeuvre ? Allez...   (Gols - 29/08/11)

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