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Ca n'engage que moi mais je trouve qu'on ne parle pas assez de garçons qui s'enculent sur ce blog. Je viens donc de visionner LE film sur le sujet, puisque Homme au Bain se résume à peu près à ça. Le gars Shang dirait : "Pour une fois qu'Honoré ne regarde pas que son nombril", et c'est vrai : il regarde son anus pour le coup, en tout cas celui de son "acteur", François Sagat (qui n'est pas l'auteur de Bonjour Tristesse). Celui-ci est doté d'un corps que même Schwartzy trouverait too much ; mais c'est surtout son cul, donc, qui fait le sujet du film. Ca tombe bien, parce qu'avec toutes les autres parties de son corps, le comédien ne sait pas faire grand-chose. Il faut le voir, par exemple, tenter de danser sur une musique bien entendu fashion (on est chez Honoré, quoi merde) ou endosser quelques répliques dramatiques : il joue comme un âne, mais comme il en a aussi les attributs physiques, on s'en contente. Le sujet, donc : un couple de garçons se sépare, l'un (Sagat) est trop brutal avec l'autre dans ses rapports physiques, et puis de toute façon l'autre en question est envoyé aux States pour faire un documentaire sur une actrice (Chiara Mastroianni). On va suivre les deux vies en parallèle : notre violeur s'ennuie à Paris, encule des garçons, et se pose des questions sur sa vie grave ; son copain filme Chiara en caméra DV, regarde des garçons qui se branlent et voilà.

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Dire que c'est ridicule est en dessous de la vérité. Honoré, pour cette fois, n'a absolument rien à raconter. Pour compenser ce léger défaut, il tombe dans tous les travers du cinéma de mode du moment : crâneur, faussement provoquant, poseur comme c'est pas permis, son film est un énorme ratage de bout en bout, qui tente de cacher sa vacuité sous des scènes ni faites ni à faire qui se veulent résolument rock'n roll : on montre et on parle sexe frontalement, on utilise un acteur issu d'un cinéma bis en en faisant une icône contemporaine, on rend visuellement illisibles des scènes pour dissimuler leur manque d'intérêt (toute la partie avec Chiara, absolument creuse), on fait semblant d'avoir des choses à dire mais de les cacher parce que bon on est contemporain et génial... Bref, c'est une caricature de cinéma de mode, finalement drôle tellement il est fier de lui. On sent qu'il y avait là derrière quelques possibilités : au détour d'une scène (le beau monologue de Dennis Cooper qui renvoie ce pauvre corps à son artificialité), le temps d'un plan (Sagat qui prend des poses de body-builder ringard), on comprend qu'Honoré aurait pu faire un machin intéressant sur l'utilisation des corps, sur la tristesse de la chair, sur le sentiment de rejet, sur la fin d'une certaine pornographie des corps... Mais il passe soigneusement à côté, préférant se la pêter avec ses audaces de petit garçon qui joue avec les allumettes. Il serait temps qu'il redresse un peu la barre de son cinéma, tout comme Sagat dresse la barre tout court.

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