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Franchement très peu d'intérêt dans ce film de commande poussif et terne. C'est visiblement fabriqué pour donner du moral à nos vaillantes troupes de terrain américaines et démocratiques en ces temps troublés, ça remplit sans problème son rôle donc, puisque c'est vibrant de patriotisme et de gloire à nos glorieux héros pleins de gloire. Curtiz semble avoir de son côté pris beaucoup de plaisir à filmer sous tous ses angles l'aviation américaine, et c'est vrai que le film est plutôt spectaculaire si vous aimez le genre salon du Bourget. Ca vole en triangle impeccable, ça te fait du looping comme de rien, ça part en vrille et ça se rattrappe à 3 centimètres du sol comme si c'était la routine, c'est bien beau bien beau. On a visiblement laissé à Curtiz toute latitude pour filmer ça à son aise, et le compère ne se prive pas dans les séquences documentaires, qui font une grande parie du métrage, de nous expliquer par le menu ce que sont les activités de nos héros aviateurs, aussi bien en l'air qu'au sol. C'est l'aspect sympathique de Dive Bomber, sa volonté de faire de la pédagogie à tout prix, et de la faire en variant les angles et les regards histoire de ne pas trop nous ennuyer.

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Curieux dès lors d'avoir choisi comme personnage principal un médecin plutôt qu'un pilote. Errol Flynn (on a quelques doutes au départ sur sa capacité à incarner un toubib, mais finalement il est plutôt bien) joue un intellectuel, forcément en proie aux railleries des hommes-des-vrais qui eux risquent leur vie, préoccupé par un problème qui risque de compromettre la victoire : en piqué, les pilotes s'évanouissent et se crashent. Le film repose donc sur une improbable trame : c'est le portrait d'un médecin qui invente une ceinture de sécurité révolutionnaire empêchant des aviateurs de s'évanouir. On a connu Flynn en charge de plus de glamour que ça, d'autant que finalement, ça manque un peu de spectacle de voir un type regarder dans un microscope. Mais ma foi, ça se suit gentiment, grâce à quelques détails un peu plus hollywoodiens : la rivalité avec Fred MacMurray (mauvais comme un cochon), l'apparition fugace mais sexy de la femme frustrée que Flynn délaisse pour sa science (le film est un vrai coming-out pour l'acteur) ou les scènes de laboratoire où on découvre comment les médecins travaillent dans les rangs de l'Air Force (la machine à donner le tournis, inspirée du fameux jeu de l'hélicoptère que tout un chacun devrait essayer un jour s'il a envie de se marrer un grand coup après avoir bu quelques bières, règles du jeu fournies en commentaires sur simple demande). Mais tout ça est plus mignon que vraiment passionnant, et on s'ennuie souvent devant ce bazar trop pompeux, trop long, trop calibré. Très oubliable.