Werner Herzog - interview in "Le grand Boulevard" (2009) d'Yvan Schreck
"La marche à pied est une vertu, le tourisme un pêché : le monde se révèle lui-même à ceux qui sont à pied."
"Mes documentaires sont bien souvent des films de fiction masqués."
Voilà une sentence (la dernière) qui devrait gentiment titiller l'ami Gols après nos éternelles discussions sur les "documentaires" du sieur (voir notamment nos longs échanges passionnés (et po forcément toujours passionnants, eheh) sur Grizzly Man). Herzog répond aux questions ou aux diverses "analyses" de Jean-Jacques Bernard... et se fait bien souvent une joie de prendre le contre-pied de ce que notre bienveillant journaliste croit voir dans son œuvre ou dans sa personnalité - dur métier, hum... Le cinéaste revient en particulier sur le concept de "cinéma-vérité" qui n'est à ses yeux qu'une "réponse aux années 60", point à la ligne. Sa conception du documentaire est d'après lui beaucoup plus proche de celle de la poésie : il s'agit plus de voir dans ses œuvres "l'expérience d'une extase de la vérité", "un soudain rayonnement, une sorte d'illumination" s'opérant parfois derrière les images... Le réalisateur bavarois fait taire également les diverses rumeurs sur ses façons de travailler - zen, le Werner, pas le gars à chercher le conflit... - ou sur sa prétendue volonté de chercher à dépasser ses propres limites : notre gazier semble se connaître sur le bout des doigts sans avoir besoin d'expérimenter les challenges les plus fous... Deux trois petites anecdotes : son enfance (jouera jamais dans une comédie musicale, le bougre) et un petit topo sur sa vision de la psychanalyse (une monumentale erreur à ses yeux) complète cette interview où notre homme se fait un devoir de mettre les points sur les "i" sur sa façon d'envisager son travail. On est plus que jamais preneur de ces commentaires avisés sur sa vision du monde en général et sur celle du cinoche en particulier.
Commentaires sur Werner Herzog - interview in "Le grand Boulevard" (2009) d'Yvan Schreck
- Indignez-bout.Je me dresse contre cette injustice infâme et intolérable qui porte atteinte à l'intégralité de notre profession et aux milliers d'amoureux du 7ème art et je m'indigne de surcroît face à l'injustice flagrante dont fait preuve le torve Shang dans ces lignes insanes qui lui méritent le bucher avec torture (anale) préalable... Nân mais.

- Cage de WernerIl y fait en effet brièvement allusion. Alors que Bernard commence à s'emballer comme un dingue en parlant de Cage et lui demande tout respectueux "comment l'avez-vous approché, hein, hein ?", Werner répond à la coule : "le plus simplement du monde. J'ai eu deux courtes conversation avec lui avant qu'on commence le film. Il tournait en Australie. Je pouvais l'avoir cinq minutes au bout du fil et on s'est globalement compris..." D'autres questions ? Je suis chaud comme la braise sur le sujet eheh...






