28 juillet 2011

Un Amour de Jeunesse de Mia Hansen-Løve - 2011

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C'est le grand retour de Gols parmi les êtres humains connectés de l'ère 2.0, loué soit le tout-puissant, ça va repartir comme en 40. Sauf que, bon, quand on tombe sur des conneries comme Un Amour de Jeunesse, on a plus tendance à vouloir tout arrêter et partir sur une île déserte. J'avais plutôt apprécié les débuts de Mia Hansen-Løve, mais ce produit formaté "jeune cinéma français tourmenté" m'est littéralement tombé des yeux. Je sais pas, pas d'humeur ce jour-là à me fader une énième variation sur le thème "'tain, l'amour c'est trop dur, t'vois, surtout quand t'es comme moi hyper-sensible et artiste" ; du coup, j'ai passé ma séance à ricaner devant les petites mines concernées de la pourtant mimi Lola Creton, qui met tous ses efforts d'élève en première année de Conservatoire de La Bourboule à nous faire croire à son tourment. Imaginez donc, la pauvrette, elle est amoureuse d'un beau garçon qui part en voyage pour plusieurs mois, c'est terrible. Claude Pinoteau en aurait fait une modeste chronique adolescente sans conséquence, et on aurait apprécié (si si) ; Hansen-Løve, elle, en fait une tragédie intense, partant du principe, pas faux je le reconnais, que les premières amours sont inoubliables et uniques, et que l'amour est douloureux. Soit. Du coup, pour bien nous imprégner de la gravité de son sujet, elle aligne sagement tous les clichés du film-français-sur-l'adolescence qui se respecte : son personnage est soulant de conformisme bobo grande école, rêvant avec sérieux devant son prof d'architecture (ah, oui, la demoiselle n'étudie pas la compta, hein, elle fait dans l'evanescence, le concept, l'espace intérieur à remodeler, voyez l'esprit ?), se heurtant à des parents qui ne la comprennent pas, se baignant dans des eaux qu'on imagine pures et salvatrices au milieu d'un monde hostile (la dernière scène est d'un simplisme effrayant). Tout est pompeux, solennel, égocentré et satisfait ; la réalisatrice ne se rend jamais compte qu'à côté du conformisme du cinéma de divertissement, il y a aussi celui du cinéma d'auteur, dont elle recopie tous les tics avec une application scolaire de bonne élève. Tout est faux là-dedans, insincère, "à la manière de", jamais nécessité par une vraie envie : le film est fade, déjà usé. Il y a plus de vérité dans la seule affiche de Tomboy que dans les deux heures de cette bluette faussement intellectuelle, qui met les tout petits plats dans les beaucoup trop grands. Crispant.

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Posté par Shangols à 17:18 - - Commentaires [7] - Permalien [#]


Commentaires sur Un Amour de Jeunesse de Mia Hansen-Løve - 2011

    D'habitude j'aime bien vos critiques, mais là franchement votre papier est très con... Le pire c'est que vous êtes dans le vrai au début, quand vous dîtes que c'était pas le bon jour pour le voir. Du moins j'imagine. Parce qu'alors c'est vraiment pas malin ce que vous dîtes de ce film.

    Posté par Job, 28 juillet 2011 à 20:29 | | Répondre
  • Blowing job

    Rhooo ben dis donc, alors, on revient de 15 jours d'absence, et voilà !!! Bah en me relisant, je me dis que je suis somme toute d'accord avec moi, Job, désolé. Mais opposez-moi vos arguments, je suis prêt à les entendre et à reconnaître que je suis passé à côté du film.

    Posté par Gols, 28 juillet 2011 à 22:53 | | Répondre
  • Bravo

    Un critique très drôle et terriblement juste, le film m'est sorti des yeux pour exactement les même raisons : fausseté des personnages et situations, cliché auteurisant... Plus que Laura Creton c'est vraiment Sebastian Urzendowsky en premier amour tête à claque qui m'a horripilé... Découvert votre blog récemment j'aime beaucoup !

    Posté par Justin, 29 juillet 2011 à 03:30 | | Répondre
  • Vous êtes très dur. Néanmoins ça me fait m'interroger sur le cliché et la banalité, qui sont à mon avis deux choses opposées. Personne ne vit le cliché, mais toutes les histoires banales en sont caressées, s'y reconnaissent en le complexifiant. C'est peut-être quand le fantasme prends le dessus sur la réalité que nous tombons dans le cliché. Camille me ressemble beaucoup et je me suis reconnue dans ses amours, ces personnages sont donc bien réels, pas fantasmés.
    Mia hansen-love montre les mécanismes du sentiment amoureux de façon légère et simple, son Sullivan a la voix si douce des garçons étrangers, l'énergie de l'amour et la lâcheté de tous les hommes. Camille a le dévouement et la passion de toutes les jeunes filles amoureuses. Peut être le goût de la comédie des filles françaises. J'aime beaucoup la scène du repas, il veut jouer aux grandes personnes dans sa disposition de table, elle préfère jouer le rôle triste du petit chat.
    J'y ai reconnu les mécanismes passionnels de l'attente et de la souffrance si bien racontés par Barthes dans ses fragments du discours amoureux.
    Quelque chose de rohmérien aussi, dans le goût des coïncidences, la vérité des personnages, non dite mais bien montrée.
    Ce film m'a beaucoup touchée et j'y ai reconnu beaucoup de choses. Ce qu'on pourrait peut être lui reprocher c'est le manque de prise de risque dans la façon de filmer, mais certainement pas la platitude des personnages.
    Je suis la même Mathilde qui avait défendu la Marie Rivière du rayon vert, donc le prochain

    Posté par Mathilde, 03 août 2011 à 12:54 | | Répondre
  • projection

    Belle défense énamourée, Mathilde. Que vous aimassiez ce film me semble parfait. Il n'a pas rencontré les mêmes échos en moi, voilà tout, peut-être simplement parce que j'étais pas dedans...
    Vive le Rayon vert, plutôt.

    Posté par Gols, 03 août 2011 à 23:47 | | Répondre
  • Je suis pas toujours tendre avec vous Gols, mais là j'ai vraiment envie de vous soutenir.
    Franchement, quand on a rien à raconter dans un film, bah on le fait pas...et j'ai l'impression qu'on a juste affaire à un gloubi boulga de tout ce que le cinéma bien pensant a réussi à produire ces vingt dernières années sur l'amour.
    Rien qu'à repenser à (500) days of Summer...brrrr...

    Posté par kirigrap, 04 août 2011 à 03:58 | | Répondre
  • (500) Days of Summer, c'est affreux oui ! Mais à mon sens, ça a peu à voir avec ce film d'Hansen-Love. Enfin, question de point de vue !

    Posté par Félix, 04 août 2011 à 20:39 | | Répondre
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