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C'est le grand retour de Gols parmi les êtres humains connectés de l'ère 2.0, loué soit le tout-puissant, ça va repartir comme en 40. Sauf que, bon, quand on tombe sur des conneries comme Un Amour de Jeunesse, on a plus tendance à vouloir tout arrêter et partir sur une île déserte. J'avais plutôt apprécié les débuts de Mia Hansen-Løve, mais ce produit formaté "jeune cinéma français tourmenté" m'est littéralement tombé des yeux. Je sais pas, pas d'humeur ce jour-là à me fader une énième variation sur le thème "'tain, l'amour c'est trop dur, t'vois, surtout quand t'es comme moi hyper-sensible et artiste" ; du coup, j'ai passé ma séance à ricaner devant les petites mines concernées de la pourtant mimi Lola Creton, qui met tous ses efforts d'élève en première année de Conservatoire de La Bourboule à nous faire croire à son tourment. Imaginez donc, la pauvrette, elle est amoureuse d'un beau garçon qui part en voyage pour plusieurs mois, c'est terrible. Claude Pinoteau en aurait fait une modeste chronique adolescente sans conséquence, et on aurait apprécié (si si) ; Hansen-Løve, elle, en fait une tragédie intense, partant du principe, pas faux je le reconnais, que les premières amours sont inoubliables et uniques, et que l'amour est douloureux. Soit. Du coup, pour bien nous imprégner de la gravité de son sujet, elle aligne sagement tous les clichés du film-français-sur-l'adolescence qui se respecte : son personnage est soulant de conformisme bobo grande école, rêvant avec sérieux devant son prof d'architecture (ah, oui, la demoiselle n'étudie pas la compta, hein, elle fait dans l'evanescence, le concept, l'espace intérieur à remodeler, voyez l'esprit ?), se heurtant à des parents qui ne la comprennent pas, se baignant dans des eaux qu'on imagine pures et salvatrices au milieu d'un monde hostile (la dernière scène est d'un simplisme effrayant). Tout est pompeux, solennel, égocentré et satisfait ; la réalisatrice ne se rend jamais compte qu'à côté du conformisme du cinéma de divertissement, il y a aussi celui du cinéma d'auteur, dont elle recopie tous les tics avec une application scolaire de bonne élève. Tout est faux là-dedans, insincère, "à la manière de", jamais nécessité par une vraie envie : le film est fade, déjà usé. Il y a plus de vérité dans la seule affiche de Tomboy que dans les deux heures de cette bluette faussement intellectuelle, qui met les tout petits plats dans les beaucoup trop grands. Crispant.

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