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Gerald Hustache-Mathieu s'essaie au petit polar à la française et s'égare un peu en route dans les genres (comédie et léger humour à froid, romance (hétero ou homo) traitée du bout des lèvres, enquête policière en forme de condensé de La Vie de Marylin pour les Nuls...) pour vraiment nous convaincre. Jean-Paul Rouve tente certes d'apporter un soupçon de fantaisie à l'ensemble, mais au final on finit par se demander vraiment dans quelle direction GHM voulait nous embarquer : on finit par avoir l'impression que le réalisateur s'est contenté de surfer superficiellement sur tous les domaines comme si l'audace (suffit po de nous gratifier de quelques plans sur des pompiers en tenue d'Eve...) était finalement ce qui lui faisait le plus défaut... Il s'agit donc, sous couvert de parler de la vie et la mort d'une starlette blondasse en Franche Comté (plus à l'affiche de boîtes de fromage que de films), de revenir sur les "théories conspirationnistes" (je mets les guillemets parce que tout cela reste quand même au niveau du plancher des vaches laitières) par rapport à la fin de la pauvre Marylin : nombreux sont en effet les parallèles que le détective Rouve (aidé par un policier homo (il a le magazine Têtu dans sa table de chevet, la "provocation" s'arrêtera-là...)) va faire entre les deux blondes disparues prématurément : liaisons amoureuses dangereuses, problèmes psychologiques, mort bizarrement maquillée en suicide... Alors qu'on pense qu'il va s'enliser dans la neige de ce petit village, l'écrivain Rouve va y trouver de sérieux motifs d'inspiration... personnelle et littéraire...

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C'est franchement gentillet, sans grande conséquence et au delà de l'air droopiesque assez fendard et de quelques réflexions bien senties d'un Rouve en grande forme ou d'une bande originale relativement soignée (c'est assez rare dans un film français pour le signaler...), on a franchement l'impression d'être plus devant un téléfilm que face à une œuvre cinématographique... Si le Rouve encapuchonné jusqu'au sourcil dans cette petite Sibérie du Nord peut un temps faire penser à un personnage de Fargo des frères Cohen, la comparaison s'arrête vite là : bien que cela puisse paraître un poil paradoxal vu les niveaux de température, la frilosité du gars GHM pour traiter notamment du sexe est tout de même assez effarante : à l'image d'un Jean-Paul Rouve qui s'apprête à recevoir la visite d'une femme de chambre (prénommée Betty : il est clair que la bougresse a dû un peu trop se mater 37.2 le Matin dans sa jeunesse...) pour ce qu'on devine être une partie fine, une décharge électrique reçue dans la douche va mettre notre homme hors d'état d'agir - un sacré coup de sort qui semble tomber plutôt bien : ouf, on n'aura point à filmer une scène qui s’annonçait chaude ; de même, si la séquence du "tir à l'arc" entre le flic (qui met flèche sur flèche "dans le mille") et Rouve (dont la flèche... débande) est relativement bien "sentie" (pleine de sous-entendus "tendus" et assez drôle par les maladresses de Rouve), GHM abandonne par la suite complètement cette piste (on se croirait presque revenu quarante ans en arrière comme s'il s'agissait d'un sujet tabou... je vous jure...). Le personnage interprété par Rouve semble ainsi destiné à devoir fantasmer toute relation sexuelle comme si le scénario du film avait été écrit il y a deux générations ou par un adolescent mal dans sa peau... Dommage. Pompompidou...

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