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Si dans le cinéma thaï, deux trois mauvaises langues reprochent à Weerasethakhul de faire des films un poil trop sérieux, voire un tantinet chiants (j'ai dit des "mauvaises langues", vous remarquerez que je n'ai pas pris parti, moi qui considère son dernier film comme un véritable chef-d’œuvre, bien que je n'ai toujours pas pris le temps de le voir - hein, quoi ?), on pourrait de même médire à propos de Sasanatieng qui use et abuse des filtres de couleur, à un tel point que son film sur 110 minutes (pas une paille) finirait par ressembler à une collection de couverture de classeur pour jeunes adolescentes aux goûts de chiotte (pléonasme, oui, mais il est bon parfois d'enfoncer le clou). Il nous traficote une histoire d'amour qui ferait pâlir n'importe quel magazine spécialisé dans le roman-photo (ils s'aimaient dès leur plus jeune âge mais gaspature, ils n'étaient point du même milieu ; lui finit par tourner mal en s'engageant dans une bande de cow-boys thaïs sanguinaires, elle par se retrouver engagée avec un jeune capitaine de la police - un putain d'amour impossible tellement tragique qu'elle ferait passer la fin de Romeo et Juliette pour une tiède romance...). Oui, c'est ultra cucul la praline, mais attention, entre l'usage de deux filtres couplés avec certaines images recolorées à mort (pas un film pour daltonien, mes amis, je vous préviens : tous les mecs qui ne sont pourtant point des donzelles ont les lèvres fuchsia...) Sasanatieng se targue de flirter non seulement avec le western eastwoodien (à la sauce asiatique) mais également avec le film d'action sanguinolent limite gore (tiens, il est à qui ce bras carbonisé qui vient de tomber du ciel en plein combat ?).

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Bon, et puis attention, accrochez-vous à la rambarde, je n'ai pas encore parlé des décors plus kitschouilles que le living-room d'une vieille Anglaise (rah ces toiles peintes avec ces pseudo soleils ou la lune, le délire grave), de la musique qui ferait passer l'utilisation de la flûte de Pan pour un truc léger (c'est la totale : harmonica, cuivres joués à donf, flûte à bec, sublimes nappes de synthé acheté en promo à Noël...)... J'arrête là, je sens que je vais finir par donner envie aux plus pervers d'entre vous... Ils n'auraient d'ailleurs pas forcément tort, vu à quel point cette œuvre est barrée et sort indéniablement des sentiers battus (la comédie française de ces trente derniers années vous fait vomir ? Changez de lessive, juste une fois mes frères). Bon certes, au niveau de la réflexion, toute personne dont le Q.I. est supérieur à douze devrait comprendre la trame (et pourtant, putain, il y a bien au moins deux ou trois flashs-back - quand même...). Mais si vous êtes du genre à aimer les profiteroles au chocolat en rajoutant une pointe de coulis de cassis, une tonne de chantilly, des micro-paillettes multicolores, une ombrelle made in china tout en daignant prendre une part de flan, d’œufs à la neige et de crème anglaise pour la route, vous devriez y trouver votre compte. Si vous n'aimez pas les desserts cinématographiques aux allures de pudding sauce curry, je vous conseille de passer votre chemin, ça devrait vous éviter un Spasfon...

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