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Ça commence comme une bonne vieille série B(ewitched) mais cela tend au final à la série C(rétine un poil). Il y avait pourtant du potentiel avec cette jeune fille qui, peu de temps avant son mariage, entend subitement des voix en elle ; on se dit, en tentant une analyse sentimentalo-freudo-golienne, que cette voix ne fait que symboliser en elle "la peur de la perte de la pureté" (on dirait presque le titre d'une chanson de Benjamin Biolay), l'appréhension de goûter aux joies du sexe, voire l'attrait terrible de la débauche et j'en passe... Cette impression se renforce par le discours taquin du père (point de consommation avant le mariage) ou l'échappée très lynchienne de la jeune femme qui, essayant de "fuir" cette voix, part en ville en pleine nuit et trouve refuge dans une salle d'opéra - la voix très pure de la cantatrice parvient apparemment à chasser ce mauvais démon, mais celui-ci revient la hanter dès qu'elle quitte la pièce... On se dit qu'il doit bien y avoir une raison cachée derrière cela, hein, on réfléchit quoi. Pendant ce temps-là, notre héroïne, appelons-la Joan puisque c'est son nom (une appellation point surprenante vu sa tare, ben ouais) a décidé de partir à New-York, ne voulant point que son futur mari, Bob, épouse une fille à moitié starbée.

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Seulement, à peine a-t-elle commencé son nouveau taff qu'elle rencontre un jeune et brillant avocat qui tombe follement amoureux d'elle - elle résiste mais, au bout du cinquième bouquet de fleurs, craque... Ils partent pour une petite balade nocturne en bateau et tombent sur un vieux loup de mer qui leur conte une histoire aux allures de parabole (perdu en mer après une tempête, il rêvait d'une bonne bière bien fraîche (po besoin, à mes yeux, d'échapper à une catastrophe pour avoir ce genre d'envie, mais passons) ; lorsqu'il fut enfin secouru par des Anglais, il put enfin se délecter... d'un thé bien chaud : morale...? - personnellement je vois pas, sinon que la vie est quand même bien souvent décevante). On sent la Joan à deux doigts de retomber amoureuse mais la grosse voix de son double (Karen, elle s'appelle) recommence à gronder en elle. Elle frémit. Quand elle rentre dans son appart, elle tombe sur ce pauvre Bob qui vient de retrouver sa trace. Et c'est le drame : Karen prend le contrôle de son âme et pousse Joan à planter furieusement des ciseaux dans le dos de Bob... Joan est jugée, les jurés sont prêts à l'innocenter mais juste avant l'énonciation du verdict, elle hurle sa culpabilité ! Coup de théâtre - elle est condamnée à mort...

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La seule chance pour la sauver serait de prouver qu'elle n'est po une mais deux (Strauss contre Kahn, genre). Un psychiatre décide de l'hypnotiser pour tenter le tout pour le tout : il parvient, le gars, à faire sortir du corps de la fille, d'abord Joan (toute mimi et timide) puis Karen (toute po gentille et diabolique - elle fait, pour la galerie, des grimaces plus ridicules que vraiment effrayantes d'ailleurs...). On voit bien qu'il s'agit en fait d'un cas tout couillon de pure schizophrénie, et on jette à la poubelle notre petite théorie dont on pensait que Gols serait super fier - tu parles, en pure perte... La façon dont le psychiatre va s'y prendre pour tuer "la Karen en elle" est relativement pathétique, mais cela faisait de toute façon longtemps qu'on avait décroché du film (pour une fois que j'avais un angle d'attaque, laisse tomber). Dommage que cette fin soit terriblement démonstrative et poussive, le début avec cette espèce de folie subite qui prenait possession de notre vierge effarouchée était autrement plus prometteur. Un film d'Arch Oboler donc, mouais, ben pas la peine de s'en souvenir en fait.

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