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Republic Picture n'a peut-être point de grands moyens, mais ne manque pas d'imagination. Même si la mise en scène de Mann peut paraître, notamment dans toutes les scènes d'intérieur un poil théâtrale (il se lâche tout de même sur la fin avec des contre-plongées et des plans décadrés à la volée - c'est Roland Garros, ça influence) et certains dialogues parfois un peu laborieux (notre héroïne se lançant dans l'explication de ses recherches ou faisant un petit laïus "scientifique" sur le "fonctionnement des yeux"), le film - sur à peine plus d'une heure - n'est pas avare en scènes rocambolesques (notre héroïne - Brenda Marshall - défigurée suite à un incendie alors qu'elle se lançait dans une expérience à la Dr Jekyll, un règlement de compte entre femmes, dont l'une est armée, qui finit tragiquement, une petite séance de chirurgie esthétique suite à laquelle Brenda se retrouve une seconde fois momifiée...). Alors oui, certes, sans vouloir lâcher le morceau, on peut venir voir des très très loin le twist final (peut-être qu'en 1945 le procédé n'était point autant éculé...) mais on prend tout de même, au-delà de ça, un certain plaisir à suivre la vengeance de cette femme qui se sent diablement trahie. On assiste, une thématique finalement point si courante, à un véritable combat de femmes (Brenda face à une blonde vénéneuse (Hillary Brooke) pour conquérir un homme (William Gargan aussi sexy que Jonathan Higgins dans Magnum - ouais c'est dire) et Brenda face à une dangereuse brune, Ruth Ford, pour une histoire de thune), les hommes n'ayant finalement que des rôles secondaires (po plus mal, vu que l'autre second rôle masculin, George Chandler en homme de loi, porte rapidement sur les nerfs avec son jeu bourré de tics). Toute la question étant de savoir comment notre pauvre Brenda va se sortir de ce cauchemar éveillé... ?

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A défaut d'épreuve de force "virile", un sujet propre au cinéma de Mann, celui-ci nous offre donc de belles séquences de baston féminine, aussi bien physique - deux femmes se jetant sur un flingue - que "morale" - la perfide blondasse vénale qui essaie de pourrir tout de long sa chef pour séduire son homme. Mann, plus subtilement, se plaît à parsemer son décor de miroirs (lorsque Brenda quitte son labo avant d'expérimenter sur elle-même, dans sa casa, son invention - on voit d'avance le sale tour que cela pourrait lui jouer (connaissant le titre qui plus est) - ou encore lorsqu'elle pose ses lunettes face à son miroir alors que son futur époux se retrouve chez elle - celui-ci sera-t-il toujours capable de passer outre son apparence, dans la seconde partie du film, suspense...). Alors c'est vrai qu'à force d'enquiller les retournements de situation romanesque, on pourrait finir, incrédule, par tiquer un peu, mais la pugnacité d'une Brenda relativement attachante nous aide à fermer les yeux devant certaines grosses ficelles du récit. Pas un budget de richard mais l'Anthony parvient tout de même à livrer un bon petit polar avec sa dose d'ambiance "clinique" inquiétante.

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Noir c'est noir, c'est