slice1Rien de nouveau sous le soleil du manga asiatique à la con : Slice est tout aussi moche et crétin que ses frères d’armes. J’imagine que ce genre de films n’est pas pour moi, mais ce qui m’inquiète, c’est qu'il soit pour quelqu’un. Comment adhérer à cette esthétique immondissime, l’image ressemblant à un paquet de Haribo laissé sur un radiateur pendant quelques mois ? Comment frémir ne serait-ce qu’un peu à cette histoire rocambolesque qui ne prend même pas la peine d’être un tant soit peu logique ? Comment garder son sérieux face à celui, papal, des acteurs, convaincus visiblement qu’ils sont en train de jouer dans un nouveau Seven ? Tout est tarte, laid, cheap, grossier dans ce polar à tiroirs qui flirte aussi avec le thriller, le film d’horreur et l’érotisme de boutonneux adolescent. Outre que l’intrigue est confondante de n’importe quoi (un prisonnier qui a des visions de valises rouges est sorti de prison pour enquêter sur une série de meurtres sexuels dans laquelle est impliqué son ami d’enfance, homosexuel victime de violences, qui est devenu sa copine d’aujourd’hui sans qu’il le sache alors qu’elle a des seins uniquement une scène sur deux, voilà un résumé fulgurant), outre que l’ensemble est affreusement mal filmé (une sorte de pudeur de jeune homme dans les scènes qui demandent de l’audace, et de surenchérissement inutile dans les scènes de slice5transition ; une séquence de tuerie dans une boîte à partouze que n’aurait pas reniée un Jean-Pierre Mocky des grands jours ; une totale absence de sens au montage), ça véhicule qui plus est un discours simpliste : le « héros » est un enfant violé, humilié et battu, qui devient donc bien entendu homosexuel, puisque, on le sait tous, hein, l’homosexualité est une déviance. On navigue ainsi de discours douteux en flashs-back mièvres (des ados qui jouent avec des jouets en forme de Donald Duck et dansent devant des cerfs-volants, le gars n'a jamais dû voir un jeune de sa vie, bon sang...), de scènes maladroitement choc (bien aimé pourtant, c'est la seule chose, le gars qui se ramasse une balle dans la machoire et essaye de recoller les morceaux) en dialogues ridicules. Bref, un navet glauque et binaire, même pas spectaculaire ou drôle, réalisé de toute évidence par un ado sans intelligence qui n’aurait jamais vu un film de sa vie…