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Un type dangereux qui s'échappe d'un asile, une prise d'otage dans un bar, des coups de flingues qui swinguent... On est en terrain connu mais Mayer nous en donne pour notre argent : rien que la présentation du tueur, Gunther Wyckoff (Marshall Thompson, shooté à la banane) suffit à mettre l'eau à la bouche ; un type enfermé dans son silence, le regard vide, qui marche comme un zombie... rien de bien dangereux au premier abord, ouais, sauf que dès qu'il a un flingue dans la main, vaut mieux pas trop l'offusquer... Pan, le conducteur du bus, pan, le barman qui voulait téléphoner à la police en catimini - po l'air nerveux, c'est juste l'index qui part au quart de tour... Notre homme se retrouve dans le bar avec une poignée de ricains moyens qui n'en mènent pas large : une alcoolo qui demanderait bien un verre, un barman (le second) dont la femme est en train d'accoucher, un flic qui se rêve journaliste, une vieille fille de 28 ans qui vit encore chez môman et qui ose sortir, pour une fois, avec un vieil homme marié - c'est sûrement cette sainte-nitouche qui dans l'histoire a l'air le plus ridicule avec son besoin de voir l'intervention du tueur comme un message du Ciel : elle était prête à tomber dans le péché, c'est un signe ! (c'est ça, pauvrette...).

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Que veut notre ami Gunther ? Simplement voir le docteur qui l'a traité (et qui a pris sa défense lors de son procès pour lui éviter la chaise électrique) ; sinon il dézingue les cinq otages. Pendant qu'il tient en respect nos cinq quidam bien calmes, ça s'agite dans la rue : un gros camion de la télé débarque pour faire son show (il y a d'ailleurs également dans le bar une méga-télé... à l'heure des "mass-média"...), la toute dernière édition se vend comme des petits pains, il y a même un camion de bouffe qui rapplique, on sent bien qu'il n'y a po de petits profits. A qui profite le crime, c'est ça... Mais le plus intéressant réside sûrement dans la discussion qui a lieu entre le commissaire et le docteur ; si ce dernier tient absolument à rentrer dans le café pour raisonner son ancien patient, le flic quelque peu rancunier (ben ouais, il y a trois ans, il pensait bien que Gunther allait y passer jusqu'à ce que le Docteur le sauve) reste ferme : à cause de toi, dugenou, on a aujourd'hui deux morts sur les bras, si on m'avait écouté, tout cela ne serait point arrivé. Mais ce type, on peut le soigner, je vous assure... On voit bien qu'on est devant le cas classique de la confrontation entre le type humaniste et le gros réac de base - quand un flic, passant malicieusement par le système de climatisation du bar, se fait descendre  comme un lapin (est observateur l'ami Gunther), on pense que les théories du Docteur finiront par triompher... C'est toujours mon petit côté optimiste, même par rapport à nos amis les Ricains... Mouais ben, pô sur. Il y a comme d'hab la fameuse ombre de la dernière guerre qui plane sur l'histoire (A l'armée, on nous donne un gun pour tuer, alors... Ouh là, t'emballes point mon enfant, je t'explique... D'abord...), une ombre qui est finalement loin de ne toucher que les anciens combattants, comme si toute l'Amérique était encore sous le choc. Une traditionnelle pétarade, où les "héros" ne sont pas forcément ceux qu'on attendait le plus, vient clore ce polar de bonne facture (mention spéciale pour ce tueur d'une froideur absolue) : peut-être pas un suspense à couper au couteau, certes, mais de soudaines montées de violence - tu fais le mariole, tu te prends une balle, t'es mort, point - qui font leur effet... Quant à la "morale", bah, que voulez-vous ma bonne dame...

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Noir c'est noir, c'est