07 mai 2011

Belle Epine (2010) de Rebecca Zlotowski

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Voilà presque deux jours que j'ai vu ce film et que je me tâte pour écrire quelque chose... On est dans le premier film ÂPRE, le genre de truc à fleur de peau, ou si on veut avoir l'air plus intelligent à la "Pialat". Que dire vraiment de plus ?... C'est un peu là mon problème, en fait... Il faut reconnaît à Rebecca Z. un certain courage - et en passant, ça fait toujours plaisir, un certain talent - pour livrer une œuvre sans concession, brute, frontale (cela évite les frais de maquillage et de coiffure...) qui pendant quatre-vingt-minutes va s'attacher aux basques d'une héroïne quasi mutique... La pauvre chtite (la fiévreuse Léa Seydoux que j'aime beaucoup, qu'elle n'hésite point à m'écrire pour dire que c'est réciproque (oui, bon, chacun ses illusions...)) a seize ans, est en deuil (sa mère vient de mourir) et semble avoir quelque mal à vouloir accepter cet événement tragique ; un père aux abonnés absents, une grande soeur qui déserte l'appartement pour ne pas être rongée par la douleur, notre Léa se retrouve totalement livrée à elle-même. Plutôt que de vouloir voir la réalité en face, notre amie Léa - qui n'est point d'ailleurs sans faire penser à la jeune héroïne de Dans la Foule, Tana, dans lequel je suis actuellement plongé- va se jeter à corps et à cœur perdus dans sa nouvelle existence (se perdre pour mieux se retrouver comme dirait l'autre...) ; fréquentant une bande de trompe-la-mort (des motards de Rungis qui roulent comme des dingues : typiquement ma tasse de thé...), notre Léa semble prête à tout non seulement pour flirter avec le danger mais également pour se "donner" et "devenir" femme - bien que la Léa ait un corps de rêve, n'attendez point un quelconque érotisme : même l'acte d'amour chez Rebecca Z. prend des teintes glauques. Plus qu'une simple crise d'adolescence, on sent au sein de notre héroïne (indubitablement dans le déni) un profond désir de mutation, de changement radical, quitte à foncer dans la nuit les yeux fermés comme un pauvre papillon nocturne... jusqu'à ce qu'elle se cogne bêtement contre un phare et revienne les pieds sur terre...

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A l'image de l'histoire juive de David et Abigail qui nous est contée dans le film, Léa semble vivre quelques "journées terribles", une période charnière quelque peu auto-destructive durant laquelle elle a bien du mal à faire réellement attention aux autres : elle pénètre d'elle-même dans ce tunnel guère glamour (qui dit motard dit vitesse mais po forcément tendresse...) semblant prendre une sorte de malin plaisir à s'offrir au premier venu... Il lui faudra subir un nouvel événement tragique pour qu'elle interrompe cette fuite en avant qui risquait de la mener droit dans le mur et se remette "à l'écoute du monde" - un final quelque peu démonstratif, faut l'avouer, mais qui n'en constitue pas moins une véritable bouffée d'air après un tel voyage en apnée. Un film dont il faut reconnaître l'aspect "jusqu'au-boutiste", ardu pour ne pas dire rêche, et dont il se dégage comme une véritable "fièvre de filmer" - ce n'est pas si courant vu les trop nombreux produits français formatés et c'est donc forcément louable. D'un autre côté (rah, sans réserve je ne serais plus moi-même...), il est vrai que l'on sent comme une petite pointe de "complaisance" dans ce récit "brutal" vidé de tout humour ou de tout sentimentalisme - un peu le revers de la médaille, si vous voulez, d'où mon sentiment final quelque peu mitigé... Mais bon, ne soyons point trop dur, selon la formule, vis-à-vis d'une première oeuvre, en attendant etc etc...

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Posté par Shangols à 04:38 - - Commentaires [3] - Permalien [#]



Commentaires sur Belle Epine (2010) de Rebecca Zlotowski

    elle a de gros seins Seydoux et elle les montre, c'est pour ça qu'on l'aime

    Posté par Dino, 09 mai 2011 à 22:06 | | Répondre
  • Enorme

    Eheh j'adore ces commentaires qui nous font redescendre sur terre. C'est pas faux, Dino, bien que je voie aussi deux ou trois autres raisons qui font qu'on peut apprécier Léa Seydoux, mais secondaires par rapport à l'argument indéniable que vous avancez. Citons quand même son jeu, parmi ses qualités, aussi. Merci pour ce commentaire affûté et plein de vigueur, et quand vous voulez pour commenter le pénis de Jean-Pierre Léaud ou le fessier d'Arletty.

    Posté par Gols, 09 mai 2011 à 22:20 | | Répondre
  • L'épine dans les meules de...

    Oui, non, c'est tout... Voilà un commentaire lapidaire que je n'attendais point. Enfin, c'est peut-être tout autant efficace que ma chronique pour donner envie de voir le film, je dis pas...

    Posté par Shang, 10 mai 2011 à 02:31 | | Répondre
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