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Toujours un plaisir de retrouver ce bon vieux George Sanders, d'autant qu'il a cette fois comme partenaire la mirobolante Ellen Raines. Partenaire, partenaire, c'est aller un peu vite en besogne vu que Sanders, qui incarne dans ce film un vieux garçon un poil pantouflard, se retrouve coincé, pour ne pas dire "étouffé" entre deux sœurs, la veuve et un peu vieillotte Hester (Moyna MacGill) - aux petits soins pour son frère mais po méchante -, et surtout l'hypocondriaque et enamourée Lettie (Geraldine Fitzgerald, jolie, moui et absolument prodigieuse sur la fin du film) : cette dernière, qui passe son temps au lit, "souffrante", sans que le George n'y trouve trop rien à redire, est littéralement en adoration devant son brother. Quand le George ose (enfin !) ramener à la maison une donzelle (la belle et sophistiquée Ellen qui débarque de New-York et craque (on ne sait trop pourquoi, d'ailleurs...) pour ce type ultra plan-plan), le sang de Lettie ne fait qu'un tour...

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Atmosphère très conservatrice et propre aux ragots de toutes sortes (faut bien s'occuper) dans ce petit village de Nouvelle Angleterre où vit notre bon George ; cela ne l'empêche point d'inviter chez lui sa sublime collègue de New-York pour lui montrer "son gros télescope" (pardon ?) : petite séquence gentiment coquine où il la fait monter sur un petit tabouret (oups, elle trébuche, non je te retiens) pour qu'elle puisse regarder les étoiles à travers son gros bazar et oh, ce serait tellement mieux de fermer la lumière, pour mieux voir la voie lactée, bien entendu... Hester est toute excitée de voir son frangin s'émanciper, Lettie fait celle qui s'en fout mais ronge son frein en secret. Le George et l'Ellen ne cessent de se tourner autour, mais celui-là a bien du mal à lui faire sa grande déclaration - il faudra que qu'Ellen le titille à mort en le rendant jaloux pour qu'enfin George se jette à son cou. Il sera forcément rapidement question de mariage mais encore faudrait-il que les deux sœurs trouvent un nouvel endroit pour se loger pour laisser en paix nos deux tourtereaux. La Lettie use et abuse de la gentillesse de son frère et au bout de six mois n'a toujours pas trouvé un endroit qui lui convient... On comprend qu'elle ne supporte point de devoir partager son frère et ce dernier, bonne pâte, ne fait pas grand-chose pour tenter de trouver une solution. Ellen finit par le mettre au pied au mur : il devra choisir entre elle et sa soeur ! George est fort marri - mais ma soeur est toute malade (chiqué, oui !) - et Ellen finit par craquer et se barre... George est tout penaud puis tellement vénère devant l'attitude possessive de son empoisonnante de sœur qu'il projette de l'empoisonner... Eh ouais, le George sort de ces gonds. Seulement voilà, tout ne va pas vraiment se passer comme prévu...

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La production du film nous met en garde à la fin du générique : ne surtout pas dévoiler la fin aux gens qui ne l'ont pas vu !!!!!! Juste pour les emmerder,... nan, allons, on n'est pas comme ça, on ne va pas péter le suspense... Le problème c'est que ce dernier twist (triple salto arrière d'une crèpe bretonne pour qu'elle retombe sur l'autre face sous vos applaudissements ébahis) est franchement mou de genou, le film ayant finalement gagné à s'arrêter cinq minutes plus tôt. Cela nous aurait permis, qui plus est, de rester sur un petit numéro d'une terrible noirceur de Gerladine Fitzgerald qui finirait presque par voler la vedette au George - bel exploit. Cynique, sarcastique, voire totalement immorale, cette conclusion nous aurait personnellement parfaitement plu - seulement voilà, il a fallu apparemment composer non seulement avec le "goût du public" (quelle horreur !) mais aussi avec la censure de l'époque... L'Affair est au final beaucoup moins "strange" que prévu... On gardera tout de même en souvenir le charme et la détermination de la délicieuse Ellen Raines (son regard félin et perçant quand elle se retrouve face à la jalouse Lettie, brrrrr....) et l'excellente prestation de Geraldine Fitzgerald qui apporte une magnifique touche glaçante à son personnage dans l'une de ces dernières séquences qui aurait gagné à être ultime...

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Noir c'est noir, c'est