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Voilà un film noir du gars Werker bien loin de nous mettre... en état de choc - pour les jeux de mots foireux sur le titre, on a quasiment fait le tour. Une fois la séquence d'ouverture passée, vous pourrez comme moi passer le reste du temps à manger des fraises et caresser gentiment votre chat sans que cela gène un soupçon votre concentration ni pète en quoi que ce soit la tension de ce scénario bien faiblard. Alors oui, il y a bien au début ce rêve de la donzelle (voilà deux ans qu'elle attend son mari de retour de la guerre, la pauvrette est dans tous ses états, d'autant que pendant un temps elle le crut mort...) qui fait son ptit effet : elle court sur place alors que la porte s'éloigne, puis parvient enfin à s'approcher de la porte dont le loquet est énorme (les "effets spéciaux" peuvent faire marrer par leur simplicité, mais perso je marche)... Elle se réveille dans tous ses états, va sur le balcon et voit un homme qui écrase un chandelier en argent (longtemps que j'ai pas joué à Cluedo, ça me fait penser...) sur le crâne de sa femme. Notre pauvre Janet est effarée et quand son mari, super à la bourre, franchit enfin la porte, la Janet n'a pas encore fermé la bouche. Darling, c'est moi, coucou : rien de rien, autant souffler dans une contrebasse, l'autre cligne même po un oeil. Quel accueil. Janet joue de malchance car le spécialiste (Vincent Price, tout rigide et plein de morgue) qui vient à son chevet n'est autre que le tueur (la poisse). Il la conduit, le bougre, dans son sanatorium et voilà notre Janet entre les mains de cet assassin et d'une infirmière qui n'est autre que sa maîtresse (moi qui me méfiais déjà des hôpitaux comme de la peste, me voilà définitivement vacciné). Cette salope d'infirmière ne trouve rien de mieux à faire que de suggérer à Price de se débarrasser de ce témoin gênant : une chtite surdose d'insuline et hop le tour est joué, ni vu ni connu... Que fait la police, bon sang !

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L'intrigue est non seulement piteusement "rocambolesque" et difficilement crédible (et je vous passe l'épisode du malade mental qui, une nuit d'orage, s'infiltre dans la chambre de notre Janet décidément en plein Murphy) - bon, après tout, pourquoi pas... -, mais en plus, au niveau de la mise en scène et de l'interprétation, le film pèche sa mère ; rarement vu des acteurs si empruntés (mon pote Gols serait malade rien que de voir la façon dont pendouillent leurs mains) et si figés - c'est "au Théâtre ce soir" tout du long ; même quand il y a une tentative de mettre un poil de mouvement, nos gaziers se retrouvent à marcher comme des morts-vivants (faut d'ailleurs voir la scène (photogramme ci-dessous) où trois de nos hommes se retrouvent à la queue-leu-leu, se suivant comme de gentils petits pantins). Si la Janet donne tout ce qu'elle donne (hum) pour illustrer le titre du film, Vincent Price est bien souvent aussi expressif qu'un calamar mort - quand l'inspecteur notamment lui apprend que sa femme a été assassinée, c'est à peine s'il bouge un sourcil - ah ouais, le prix du porc a encore augmenté ? Euh pardon, non, vous disiez ?, genre). On s'attend au moins à un final trépidant : eh ben que dalle, et je ne parle même pas du grand n'importe quoi au niveau du comportement du docteur (allez, tiens je balance un méga spoiler pour la peine : renonçant finalement, malgré la pression de sa maîtresse, à assassiner la Janet (un mort sur la conscience, c'est déjà plus qu'il n'en faut, surtout quand on fait ce métier...), il décide... d'étrangler celle-là. Ben ouais, bien sûr, ça simplifie forcément le bazar..). Ni le poids des mots, ni le choc de la photo, brrrr.

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Noir c'est noir, c'est