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On reste dans le triangle amoureux et dans les "raretés" avec ce film attribué généralement à Jean Grémillon (même po de générique) et à Luis Buñuel, scénariste et directeur de production, qui aurait pris les commandes quand le Jean tomba malade. Disons-le tout de go, on fut loin d'être emballé par cette histoire assez bizarrement construite, les personnages du fameux trio ne se croisant finalement, quand on y songe, presque jamais. Une jeune femme, Candelas, se fait mettre en cloque par un furieux séducteur, Arturo - belle petite course poursuite champêtre entre les deux tourtereaux (une jolie lumière et des mouvements de caméra très fluides : le film s'annonçait plutôt bien, on avait malheureusement mangé son pain blanc...), l'Arturo finissant par forcer un tantinet la main à la jeune femme... Quelques mois plus tard, la donzelle avec son bébé part à la recherche de cet Arturo qui habite en ville. Le gazier assume que dalle et, après l'avoir rapidement reçue, se fait la malle... Candelas est heureusement aidée par deux soldats, Angelillo (Pablo Alvarez Rubio), fougeux chanteur qui va nous gratifier plusieurs fois de ses petits numéros vocaux (impossible de s'endormir...) et un certain Tiburcio (Luis de Heredia) qui va, lui, se faire un devoir d'endosser le rôle comique du bazar (oui, bon, après, l'humour de 1937, c'est quand même vachement vintage...). Après l'armée, nos deux hommes installent la donzelle dans un petit magasin, et puis, tintintin... ce fourbe d'Arturo revient : il tente non seulement de profiter de Candelas (il fait une copie de sa clé pour tirer le pognon de son magasin) mais risque aussi de casser l'idylle entre Candelas et Angelillo... La tension commence tout juste à monter, ciel, ah ben mince, il reste même po cinq minutes...

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C'est un peu étrange la façon dont le récit se perd en route : alors qu'on pensait que l'intrigue se concentrerait sur les malheurs de Candelas (lors de son arrivée en ville), on a droit à une très longue parenthèse dans un camp militaire (la garnison se trouvant au bas de l'immeuble d'Arturo) avec blagues potaches et numéros de chants... Quand, finalement, on comprend que c'était uniquement pour nous présenter les deux soldats qui allaient venir en aide à la donzelle, on se dit que tout cela sent un peu le remplissage quand même... On est tout autant surpris de découvrir, sur la toute fin, que le film repose en fait sur l'amour entre Candelas et Angelillo, les deux n'ayant, auparavant, pratiquement aucune scène ensemble. Il faudra l'arrivée brutale d'Arturo et un événement tragique pour que les deux finissent par s'avouer leurs sentiments - bien poussif tout cela... Le personnage de Tiburcio se charge donc d'apporter une petite pointe d'humour à l'histoire (souffre-douleur à l'armée puis détective de pacotille sur la fin) mais malgré ses efforts et sauf son respect, on a bien du mal à se fendre la pipe ; heureusement que les chansons d'Angelillo sont superbes et que... nan, la chansonnette espagnole poussée à pleins poumons, c'est po vraiment non plus mon truc... Bon, ben voilà, ne nous voilons point la face, en un mot comme en cent, on s'est ennuyé comme un rat mort devant cette oeuvre - c'est frustrant, surtout quand on met la main sur un ptit truc collector... mais parfois il faut aussi savoir l'admettre, bon gré, mal gré-millon.

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Tout Buñuel est