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Deux Olivia de Havilland pour le prix d'une dans cette histoire de jumelles fatales... L’inspecteur Stevenson (Thomas Mitchell, pépère mais finaud) est persuadé que l'une des deux a commis un meurtre, seulement comment confondre la meurtrière quand on confond les deux (vous me suivez j'espère) ? Dans le doute, il se voit obligé de laisser les deux en liberté (quel beau pays les États-Unis...) et doit s'en remettre à un docteur fin psychologue spécialisé justement dans les cas de gémellité. Belle variation sur la thématique du miroir (ma prochaine thèse sur le genre) - si semblables, les deux Olivia, et pourtant, par la force des choses, si différentes (dans leur caractère), l'une d'elle étant passée de l'autre côté... - qui bénéficie d'effets spéciaux tout à fait honorables (joli sens du timing dans les répliques quand les deux sont à l'écran), d'un noir et blanc tout en contraste signé du grand Milton R. Krasner et d'une musique pimpante de Dimitri Tiomkin. Même si la démonstration n'est peut-être finalement pas d'une grande subtilité, digne d'un petit Freud illustré (le coup des tâches d'encre, des associations d'idées...) et que Siodmak, après des premières scènes d'exposition assez bluffantes (qui est qui, nom de Dieu ?), joue un peu la facilité en parant ses deux héroïnes de signes distinctifs - de gros colliers avec leur prénom ou simplement l'initiale, bien en évidence, sur leur veste, histoire de ne pas complétement perdre le spectateur -, on prend un certain plaisir à suivre cette "double énigme".

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Belle séquence d'ouverture avec cette caméra très fluide qui pénètre dans un appartement, s'attarde quelques secondes sur un miroir brisé avant de nous faire découvrir un corps poignardé. L'enquête démarre on ne peut plus classiquement avec le défilé des témoins et la découverte de la première piste : l'homme assassiné a été vu le soir même en compagnie d'une jeune femme, jeune femme dont on ne tarde point à connaître l'identité. Petite mission pour identifier incognito la donzelle à son travail, les témoins jurent leur grand Dieu qu'il s'agit bien de la même personne... et se retrouveront un peu bêtas quand l'inspecteur convoquera au commissariat à la fois Terry Collins et Ruth Collins qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau... Les deux femmes sont de connivence pour laisser planer le doute sur leurs activités respectives le soir du crime, et notre inspecteur de se retrouver marron - on sent bien qu'il prend plaisir, d'une certaine façon, comme le spectateur, à faire durer le suspense. Le seul capable de démêler les fils de leur personnalité est le docteur Stevenson (qui connaissait déjà auparavant l'une des soeurs), encore faudrait-il que l'amour ne l'aveugle point dans sa quête...

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Comme dans Dark Waters, pour ne citer qu'un film découvert récemment, on retrouve cette volonté de la "criminelle" de manipuler "l'innocente" en lui faisant croire qu'elle perd les pédales : en cas de suicide, il sera forcément plus facile à la fois de se débarrasser d'un témoin gênant et de lui faire qui plus est porter le chapeau... Mais le docteur et l'inspecteur, nos deux piliers contre le crime (...), sont prêts à faire équipe pour contrer cette troublante doublette. Bien menée, cette petite intrigue "psychanalisante" n'est sans doute point au niveau des délires visuels d'un Spellbound hitchcockien, mais aurait forcément une place de choix dans un cycle sur les jumeaux au cinoche... Le film préféré de Dark Vador.

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Noir c'est noir, c'est