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M'attendais pas à des merveilles, mais cette version vintage d'un Itinéraire d'un Bobo gâté enfile les clichés (adultère, voyage, voyage, j'aurais voulu être un artiiiiiiiste...) avec un sérieux qui fait peur... On pourrait diviser le film en quatre parties, un peu comme une mini pizza qu'on aurait du mal à avaler d'une bouchée ; d'abord le côté parigo-famille avec un bon vieux couple de jeunes (...), bien bourgeois, qui a tout pour être heureux mais tu vois, quand même, il y a comme un malaise : Duris est avocat, a deux bambins (ok, l'un ne fait pas ses nuits, mais on a vu pire au niveau du drame) et Marina Foïs - il aimerait bien être photographe, c'est sûr, d'autant qu'il a tout le matos high tech à la casa, mais bon on ne fait pas toujours ce qu'on veut mon vieux. La seconde partie vire au drame, ah là là : Duris soupçonne la Marina d'avoir une liaison avec son con de voisin - photographe professionnel -, il rend une petite visite à ce dernier, histoire d'y voir plus clair (sa femme venant juste de demander le divorce) et là c'est la boulette, il le tue dis donc après une ptite altercation (Duris qui se marrait jusque là a le masque : tu parles d'une tuile sordide) : heureusement, il endosse son habit de scaphandrier spécial meurtre pour ne pas laisser de trace, fout le voisin dans son congèle, classique, j'aurais fait pareil, et en deux-temps trois mouvements décide de prendre son identité - c'est pas compliqué, tu vas à la police, tu fais une déclaration de perte de passeport, tu donnes ta photo avec le nom d'un autre type et le tour est joué (impressionnant !). On en arrive à la partie lelouchienne : il se barre sur un bateau, se débarrasse du corps congelé, fait croire à un accident en pleine mer (Duris a mis au point une petite bombe grâce à un site internet nommé finement "le petit anarchiste" (sic)) et hop le tour est joué : tu peux refaire ta vie. Ultime part de pizza - il y a en chacun de nous un artiste qui sommeille, c'est vrai - à la sauce monténégrine : Duris prend en photo tout ce qui bouge et devient célèbre en trois clics ; rah là là trop dommage, lui qui voulait rester incognito (vraiment le sort s'acharne). Bon et si je me barrais au Venezuela, qu'il se dit, est-ce que je serais po tranquille ?... Le final est tout autant crédible (mais donne lieu à la meilleure réplique du film : éjecté du cargo avec un clandestin, Duris lui lance un "Nage !" plutôt opportun et bougrement malin (ben ouais, il y a un truc gonflable au milieu de l'océan, le hasard fait bien les choses...)). Le générique tombe et on se demande si on ne vient pas d'halluciner - ou de faire un sale rêve - pendant une heure trois-quart. Putain, demain, je pars au Monténégro avec mon harmonica et ça va faire mal... De qui se moque-t-on, franchement ?

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